Coup d'œil sur l'Isan
L’Isan, région du nord-est de la Thaïlande,
Guide de survie : Les animaux dangereux de l’Isan
Vivre en Isan, c’est partager son quotidien avec une faune fascinante… mais pas toujours inoffensive. Pas de panique : avec quelques réflexes simples, on cohabite très bien avec ses voisins à écailles, pinces ou multiples pattes.
Petit tour d’horizon des espèces à respecter — et des bons gestes en cas de problème.
L’Isan abrite plusieurs dizaines d’espèces de serpents, dont une vingtaine venimeuses.
Le cobra royal
Le plus impressionnant. Il mesure en moyenne 3 à 4 mètres, mais peut exceptionnellement dépasser 5 mètres.
Son venin neurotoxique est extrêmement puissant, et il peut injecter une grande quantité lors d’une morsure. Heureusement, il fuit généralement l’homme.
La vipère de Russell
Très présente dans les zones agricoles, elle est responsable d’un grand nombre d’envenimations en Asie. Son venin est hémotoxique : il provoque des troubles graves de la coagulation. Elle siffle fort, mais frappe vite si elle se sent menacée.
Cobra royal
vipère de Russell
- Faites du bruit en marchant dans les hautes herbes ou les rizières.
- Ne marchez jamais pieds nus la nuit.
- Utilisez une lampe torche à l’extérieur après la tombée du jour.
- Vérifiez chaussures, vêtements et literie.
- Évitez de manipuler du bois ou des pierres sans gants.
- Restez calme.
- Immobilisez le membre mordu.
- Appliquez un bandage compressif modéré (sans garrot).
- Rendez-vous immédiatement à l’hôpital.
- Ne sucez pas la plaie, n’incisez pas, ne tentez pas de capturer le serpent.
- Le traitement doit être administré le plus rapidement possible.
Le bongare rayé ou Krait
🦂 Les scorpions : noir et jaune, deux profils différents
L’Isan abrite plusieurs dizaines d’espèces de serpents, dont une vingtaine venimeuses.
Le scorpion noir
(espèces locales du genre Heterometrus)
Le plus fréquent en Isan. Impressionnant par sa taille, mais sa piqûre est rarement dangereuse chez l’adulte en bonne santé. En revanche, la douleur peut être intense, avec gonflement local et engourdissement temporaire.
Le scorpion jaune asiatique
Plus petit, plus discret… et plus toxique. Son venin peut provoquer des symptômes neurologiques ou cardiaques, surtout chez les enfants, les personnes âgées ou fragiles. Il est moins fréquent que le noir, mais mérite d’être connu.
En cas de piqûre
- Désinfectez.
- Appliquez du froid local.
- Prenez du paracétamol si nécessaire.
- Consultez en cas de malaise ou de symptômes généraux.
Scorpion noir
Scorpion jaune asiatique
Les scolopendres géantes (jusqu’à 20 cm) se cachent dans les endroits humides et sombres : sous les pots, dans les salles de bain, sous les tas de bois.
Leur morsure est extrêmement douloureuse et peut provoquer gonflement important et douleurs pendant plusieurs jours. Les complications graves restent rares mais sont possibles chez les jeunes enfants ou personnes fragiles.

C’est lui, en réalité, le plus dangereux.
En Isan comme ailleurs, le moustique est l’animal responsable du plus grand nombre de décès humains dans le monde.
Parmi les espèces présentes en Thaïlande :
- Aedes aegypti – actif surtout en journée, principal vecteur de la dengue
- Anopheles – actif la nuit, vecteur du paludisme
- Culex – vecteur de l’encéphalite japonaise
Contrairement au serpent, il ne prévient pas. Il ne fuit pas. Il pique discrètement et peut transmettre virus ou parasites avant même l’apparition des symptômes.
Comment s’en protéger ?
- Supprimez toute eau stagnante autour de la maison.
- Installez moustiquaires et ventilateurs.
- Utilisez des répulsifs adaptés.
- Portez des vêtements longs au crépuscule.
En cas de fièvre brutale
Toute fièvre soudaine en zone tropicale doit inciter à consulter rapidement, surtout en cas de douleurs articulaires importantes ou fatigue inhabituelle.

Aedes aegypti – principal vecteur de la dengue

Anopheles – actif la nuit, vecteur du paludisme

Culex – vecteur de l’encéphalite japonaise
Conclusion
En Isan, les serpents impressionnent.
Les scorpions inquiètent.
Les scolopendres surprennent.
Mais le véritable patron discret du paysage reste souvent celui que l’on entend à peine bourdonner au crépuscule.
La bonne nouvelle ?
Avec un peu de vigilance, la vie en Isan reste infiniment plus agréable que dangereuse.
Patrice VIRTE
11 Février 2026
Ubolratana Dam : le grand lac d’Isan entre nature, histoire et vie locale

🌅 Un lac né d’un projet royal et d’un tournant pour l’Isan
🌿 Un paysage lacustre au cœur du parc national
- des villages de pêcheurs,
- des petits restaurants sur pilotis,
- des embarcadères pour des balades en bateau,
- des zones de détente très prisées des familles de Khon Kaen.
⚡ Un barrage multifonction au service de la région
- Production d’électricité grâce à trois turbines de 8,4 MW chacune ;
- Irrigation de centaines de milliers de rai de terres agricoles dans les provinces de Khon Kaen et Maha Sarakham ;
- Prévention des inondations pendant la saison des pluies ;
- Pêche et aquaculture, avec environ un million de kilos de poissons pêchés chaque année ;
- Tourisme local, devenu une source de revenus pour les communautés riveraines.

🎣 Vie locale et traditions autour du lac
- des marchés de poissons frais ou séchés,
- des produits locaux réputés,
- des restaurants familiaux où déguster du pla nin grillé ou du som tam au bord de l’eau.
🌄 Une escapade incontournable en Isan
Pour les visiteurs comme pour les résidents, c’est une parenthèse de calme, de beauté et d’authenticité à seulement quelques kilomètres de Khon Kaen.

29 Janvier 2026
Buriram, quand l’Isan fait rugir les moteurs
À Buriram, province longtemps associée à l’agriculture et à une certaine discrétion, le vrombissement des moteurs est venu bousculer les habitudes.
Le Chang International Circuit, inauguré en 2014, raconte à sa manière une autre histoire de la Thaïlande contemporaine : celle d’un territoire qui refuse de rester en marge.
À l’origine de ce projet se trouve Newin Chidchob, figure politique majeure de la province. Convaincu que le sport pouvait devenir un levier de développement régional, il a porté l’ambition de faire entrer Buriram sur la scène internationale.
Pour beaucoup de Thaïlandais, Buriram cesse alors d’être un simple point sur la carte : la province entre dans l’imaginaire collectif. Le circuit transforme aussi le paysage économique local. Hôtels, restaurants, transports, emplois temporaires ou durables : le sport agit comme un catalyseur. Pourtant, cette modernité n’efface pas l’âme de l’Isan. Les marchés, les temples, la langue locale et la cuisine restent omniprésents. Le Chang International Circuit ne remplace pas Buriram : il s’y est greffé.
À Buriram, entre le chant des geckos au crépuscule et le rugissement des moteurs, l’Isan continue d’écrire son histoire — à sa manière.
13 Octobre 2025
Nakhon Phanom, la nuit où le Mékong s’embrase de lumière
13 Septembre 2025
Quand la France et la Thaïlande travaillent ensemble : l’aventure paléontologique en Isan
L’histoire des sciences regorge d’exemples de collaborations internationales, et la paléontologie n’y échappe pas. Cette discipline s’intéresse aux fossiles – restes ou traces d’organismes anciens – pour reconstituer l’évolution de la vie et des environnements au fil des millions d’années d’existence de la Terre. La Thaïlande et la France ont tissé au sein de cette discipline, au fil des décennies, un partenariat solide et particulier. Ici, nous nous concentrerons sur un chapitre précis de cette aventure scientifique : les missions menées sur les environnements du Mésozoïque, cette ère géologique qui s’étend de 250 à 65 millions d’années et qui correspond à « l’âge des dinosaures ». Il y sera plus particulièrement question des formations qui composent le vaste plateau de Khorat.
Le plateau de Khorat : un livre d’histoire géologique
Les missions franco-thaïes : origines et cadre scientifique
Il convient également de rappeler que la France et la Thaïlande ont collaboré dans d’autres contextes paléontologiques. Certaines missions se sont intéressées à des périodes plus récentes, comme celles initiées par le Dr Jean-Jacques Jaeger et le Dr Yaowalak Chaimanee, tandis que d’autres plongent encore plus loin dans le temps, avec notamment les travaux fondateurs du Dr Henry Fontaine, pionnier de la paléontologie en Asie du Sud-Est, qui fut brièvement notre mentor et auquel nous rendons toujours un hommage ému.
Les premières découvertes
Une longue aventure
- 1989 : la princesse Maha Chakri Sirindhorn visite le site de Phu Wiang, province de Khon Kaen.
- 1994 : elle se rend sur le site à empreintes de dinosaures de Phu Luang, province de Loei. La même année, la fouille du site de Phu Kum Khao à Kalasin débute lors d’une mission franco-thaïe ; plus de 630 os de dinosaures sont découverts en deux ans, correspondant à au moins six grands sauropodes du début du Crétacé.
- 1994 : publication de la découverte de Phuwiangosaurus sirindhornae par Valérie Martin, Éric Buffetaut et Varavudh Suteethorn.
- 1999 : ouverture du musée de site de Phu Kum Khao, unique en Asie du Sud-Est pour présenter un squelette de dinosaure in situ.
- 2002 : découverte à Phu Nam Jum, province de Kalasin, d’une mare asséchée de la fin du Jurassique contenant plus de 200 poissons fossiles, principalement de l’espèce Thaiichthys buddhabutrensis.
- 2003 : mission franco-thaïe de cartographie de la carrière de Tha Uthen, le plus grand site à empreintes de dinosaures d’Asie du Sud-Est, à Nakhon Phanom.
- 2005 : célébration des 25 ans de la collaboration à Kalasin avec le ministre de l’Environnement et le consul de l’ambassade de France ; Une exposition itinérante voit le jour : “Dinosaurs of Thailand: 25 years of Thai-French palaeontological expeditions (1980–2005)”.
- 2006 : Varavudh Suteethorn reçoit le prix Skinner de la Society of Vertebrate Paleontology.
- Décembre 2008 : inauguration par la princesse Maha Chakri Sirindhorn du Musée Sirindhorn sur le site de Phu Kum Khao, le plus grand musée d’Asie du Sud-Est dédié à la paléontologie.
- 2008 : découverte du site de Phu Noi, province de Kalasin, une ancienne rivière de la fin du Jurassique ensevelissant crocodiles, dinosaures, tortues et requins d’eau douce. C’est aujourd’hui le site mésozoïque le plus riche d’Asie du Sud-Est.
- 2010 : une étude isotopique de spécimen en partie thailandais, révèle le mode de vie semi-aquatique des Spinosauridés.
- 2013 : publication de Chalawan thailandicus, un crocodile géant du début du Crétacé découvert en 2000 à Kham Phok, province de Mukdahan ; publication également de la faune d’hybodontes du Crétacé du groupe de Khorat, une famille unique de requins d’eau douce.
- 2015 : découverte des œufs de Phu Phok, province de Sakhon Nakhon : deux embryons de petit lézard vieux de 125 millions d’années, analysés au synchrotron de Grenoble.
- 2019 : symposium en l’honneur de la princesse Maha Chakri Sirindhorn pour célébrer les 10 ans du Musée Sirindhorn de Kalasin.
Plus qu’une aventure scientifique
- Le Musée Sirindhorn de Kalasin, premier musée de paléontologie d’Asie du Sud-Est ;
- Le Centre de recherche et d’éducation de l’Université de Mahasarakham ;
- Le Musée des Dinosaures de Phu Wiang, à l’est de Khon Kaen.
- L’Institut des Sciences de l’Évolution de Montpellier (UMR5554) : avec entre autres le Dr Julien Claude, aujourd’hui en poste à l’IRD de Bangkok
- Le Laboratoire d’Écologie des Hydrosystèmes Naturels Anthropisés, Université Claude Bernard Lyon (UMR5023) : avec le Prof. Gilles Cuny et le Dr Marc Philippe.
- Le Laboratoire de Géologie de Lyon : Terre, Planète et Environnement (UMR5276) : avec le Dr Jeremy Martin et le Dr Romain Amiot
- Le Laboratoire de Géologie de l’École Normale Supérieure (UMR8538) : avec le Dr Éric Buffetaut, fondateur des missions franco-thaïes
- Le Centre de Recherche et d’Éducation de l’Université de Mahasarakham : avec le Prof. Mongkol Udchachon, le Prof. Varavudh Suteethorn, le Dr Suravech Suteethorn, le Dr Haiyan Tong, le Dr Bouziane Khalloufi et Mme Tida Liard co-autrice de ce billet.
- Le Département de Biologie, Faculté des Sciences, Université de Mahasarakham : avec le Dr Uthumporn Deesri et le Dr Komsorn Lauprasert.
- Le Musée Sirindhorn de Kalasin : avec le Dr Phornphen Chantasit
- Le Département de Géologie et Paléontologie, Muséum de Genève : avec le Dr Lionel Cavin.
Une collaboration toujours vivante
- Dr Gilles Cuny – biologiste, spécialiste des requins, professeur au Laboratoire d’écologie des hydrosystèmes naturels et anthropisés (LEHNA), Université Claude Bernard Lyon 1
- Dr Lionel Cavin – biologiste, spécialiste des poissons, chef du département de géologie et paléontologie, Muséum d’Histoire Naturelle de Genève
- Dr Julien Claude – biologiste, spécialiste des tortues, maître de conférences à l’Institut des Sciences de l’Évolution de Montpellier (ISEM)
- Dr Jeremy Martin – géochimiste, spécialiste des crocodiles, chargé de recherche CNRS, Laboratoire de géologie de Lyon
- Dr Arnaud Filoux – paléo-archéologue, spécialiste des paléofaunes, freelance
- Bouziane Khalloufi – biologiste, spécialiste des poissons
- Haiyan Tong – biologiste, spécialiste des tortues
- Romain Amiot – géochimiste, spécialiste des dinosaures, chargé de recherche CNRS, Laboratoire de géologie de Lyon
- Vincent Fernandez – spécialiste des thérapsides et des embryons fossiles, Natural History Museum, London
- Marc Philippe – paléobotaniste, spécialiste des arbres, enseignant-chercheur au LEHNA, Université Claude Bernard Lyon 1
- Dr Phornphen Chantasit – actuellement au Département des Ressources Minérales à Kalasin, doctorat à l’Université Claude Bernard Lyon 1 dans les années 2000
- Dr Suravech Suteethorn – département de Biologie, Université de Mahasarakham, doctorat à l’Université de Montpellier dans les années 2000
- Dr Uthumporn Deesri – département de Biologie, Université de Mahasarakham, post-doctorat en France via une bourse de l’Ambassade, années 2010
- Mme Tida Liard – Ayant travaillé au Département des Ressources Minérales, et maintenant chercheuse associée à l’Université de Mahasarakham, deux séjours de formation au musée des dinosaures d’Espéraza en 2007 et 2008
- Dr Wilailuck Naksri – Northern Institute of Petrified Wood and Mineral Resources, Université Rajabhat de Nakhon Ratchasima, séjours de formation à Montpellier.
- Dr Komsorn Lauprasert – département de Biologie, Université de Mahasarakham, encadrant lors de séjours d’étudiants thaïlandais en France.
Une histoire scientifique partagée
Terres d'Isan et de France
26 Janvier 2025
En avant-première, À la rencontre de l’Isan.


