Blog TIF

Ici, les regards se croisent et les voix se répondent.


Le blog de terresisanfrance se veut un espace ouvert où plusieurs contributeurs partagent, au fil de brèves et de courts articles, leurs observations, leurs coups de cœur, leurs interrogations ou leurs découvertes. 
Les sujets sont variés — culture, société, traditions, vie quotidienne, souvenirs de voyage ou regards d’expatriés — mais tous entretiennent, de près ou de loin, un lien avec la Thaïlande.
Sans prétention d’exhaustivité ni d’analyse académique, ces textes offrent des instantanés, des impressions, parfois engagées, parfois légères, toujours personnelles. 

Ce blog est avant tout un lieu de partage et de curiosité, où chacun apporte sa pierre à une meilleure compréhension de ce pays fascinant, entre ancrage local et ouverture sur le monde. 

Bonne lecture, et bienvenue dans cet espace de mots et de regards.

28  Janvier 2026




La croyance en des êtres surnaturels est innée chez l'homme. Les Thaïs qualifient ces êtres surnaturels du terme générique de ผี « phi ». La traduction que l'on retrouve dans la plupart des lexiques ou dictionnaires, « fantôme » ou « esprit » est sinon mauvaise du moins très largement insuffisante. Ils sont esprits, fantômes, anges ou démons.Ce sont « Des choses que les être humains croient exister sous une forme mystérieuse, que l’on ne peut pas voir mais qui ont parfois un corps » dit le Dictionnaire de l’Académie, seule référence utile en matière de langage et qui nous en donne une liste non limitative.


Il existe chez les « phi » comme chez les être humains, en quelque sorte, des anges et des démons, des bons et des mauvais mais la ligne de démarcation entre les dieux et les démons est beaucoup plus difficile à faire que dans notre tradition biblique d’autant qu’ils sont tous sexués ! Il y a en effet de mauvais anges et de bons démons.


Nous avons souvent rencontré ces « Phi » en l’existence desquels la plupart des Thaïs continuent, encore au XXIe siècle, à croire dur comme fer. Fantômes, esprits, fées, sorcières ou démons, bon(ne)s ou mauvais(es) tour à tour, nous en avons donné une liste non exhaustive au vu essentiellement de l’article de Phya Anumam Rajathon écrit en 1954, non sans une certaine ironie parfois dubitative un article publié dans la très docte revue de la Siam société. « The Phi » volume 41-2 de 1954.. C’est encore un Phi que nous vîmes intervenir activement dans la confection d’une mixture magique, un philtre d’amour auquel s’est intéressé le roi Rama VI lui-même commenté par le savant anglais sir Francis Gilles toujours dans la même savante revue en 1938, volume XXX (ABOUT A LOVE PHILTRE. By FranciH H. Giles ). Nous avons rencontré à nouveau un Phi malfaisant spécifique à notre région du nord-est, le Phipop (ผีปอบ) dont nous allons reparler, dans un article de l’érudit danois Eric Seidenfaden, toujours dans notre même revue savante - volume 34-II de 1943 - concernant l’ethnie So et ses singulières coutumes (« REGARDING THE CUSTOMS, MANNERS, ECONOMICS AND LANGUJ!.GES OF THE KHA (SO) AND PHUTHAI LIVING IN AMPHO' KUTCHIINARAI (CHANGVAT ' KALAS!NDHU, MONTHON ROI ET. ») Il y avait constaté que les nouveaux nés portent la tâche bleue mongolique ce qui est exceptionnel en Thaïlande.


Mais nous avons appris avec curiosité et amusement quelques anecdotes ou aventures concernant ces Phi, non pas sous une signature fantaisiste mais sous celle de A. J. IRWIN, un contributeur fidèle de la revue de la Siam Society (« Some Siamese Ghost-lore and demonology » in Journal de la Siam Society volume 4-II de 1907).

Les anecdotes portent sur des témoignages probablement fiables provenant de personnes tout aussi dignes de foi. Ce sont ces anecdotes qui ont conduit IRWIN à s’intéresser aux Phi d’une façon cartésienne. C’est notre propos de ce jour.

Ses recherches se sont heurté à des difficultés, comme celle des personnes possédant certaines croyances et ne voulant pas en parler, surtout si elles pensent que le Phi en question est dans le voisinage ; ou encore celle de personnes qui ont rencontré le même Phi et peuvent donner des versions entièrement différentes de son apparence et de ses attributs ; en sachant que le même Phi peut avoir différentes facultés qui lui sont assignées dans les différentes parties du pays.

 
La littérature siamoise sur le sujet est rare. IRLWIN a découvert une brochure de 60 pages écrite par le Prince Si Saowaphang (พระองค์เจ้า ศรีเสาวภางค์) intitulée « Propos sur les pouvoirs des Phi et des Philok » (ว่าด้วยอำนาจผีและผีหลอก – Wa duaianmat Phi lae Phillok). Cet ouvrage confidentiel n’a été réédité qu’une seule fois, en 1921.Le prince commente certains effets attribués par les ignorants à quelques Phi, en précisant que ces effets proviennent parfois (mais pas toujours) de causes purement naturelles. IRLWIN s’est appuyé sur la liste des Phi fournie par le prince. Celle de Phya Anumam Rajathon n’est pas exactement semblable, ce qui laisse penser qu’il n’a peut‑être pas eu connaissance de cette opuscule.


Il en existe trois classes :
  • Ceux qui, liés aux êtres humains, sont des fantômes au sens propre, fantômes de morts ou « corps astral » de vivants.
  • Ceux qui ne proviennent pas d’êtres humains, ayant leur existence propre mais qui, dans certains cas, peuvent être sous contrôle d’un être humain.
  • Et enfin les Phi d’un autre monde que l’on ne voit ni n’entend mais dont l’existence est assurée (dans une certaine mesure !).
LES PHI DE LA PREMIÈRE ESPÈCEDans la première classe, nous devons inclure les Phi Lok (ผีหลอก). Ce sont ceux que nous pouvons inclure sous le terme générique de « fantômes » en français ou « ghost » en anglais. Ce sont les esprits de morts qui hantent une localité ou une habitation ; ils apparaissent dans certaines maisons, principalement anciennes et abandonnées, ou dans des ruines anciennes, dans l’intention d’effrayer soit par une présence visible soit par un simple « ressenti ». Un Phi Lok pourrait ainsi s’asseoir sur le bout de votre lit et vous tirer les orteils.


Il existe un autre Phi, le Phi Am (ผีอำ) qui intervient pour chasser les êtres humains qui le dérangent. Il s’assied sur leur poitrine ou leur foie dès qu’ils se sont endormis dans un endroit inhabituel, sala ou temple. Il ne reste plus alors à la victime qu’à gémir et émettre des sons inarticulés avant que le Phi Am ne s’en aille.


LES PHI DE LA DEUXIÈME ESPÈCE

Ils existent par eux‑mêmes, ne provenant pas, par leur origine, de corps humains, morts ou vivants. 

Le premier parmi eux est le Phi Ruan (ผีเรือน), l’« ange gardien » attaché à chaque maison. Nous le connaissons. Il a son autel dans toutes nos maisons, hommages aux ancêtres. IRWIN nous cite l’existence d’autres Phi, le plus souvent maléfiques :

Le Phi Nangthani (ผีนางตะนี), c’est un Phi féminin qui habite le bananier connu sous le nom de Kluai Tani (กล้วยตานี) ou Musa balbisiana. C’est un fruit curieux puisqu’il comporte des pépins (plus ou moins) comestibles, mais sa fleur, pour qui a les connaissances suffisantes, peut s’ouvrir et dévoiler un Phi sous forme d’une belle jeune femme fort utile pour donner de judicieux conseils en matière de jeux, en particulier les nombres fastes de la loterie. Mais tous ces Phi femelles ne sont pas toujours bienveillants, et la culture de ces bananiers est donc vivement déconseillée. Pourtant toutes les Thaïes ne sont pas des tigresses et toutes ne nous apportent pas que des pépins.


Le Phi Khamot (ผีขโมด) apparaît sous forme d’une étoile sur les plaines la nuit qu’aperçoivent les promeneurs. Dans la saison des pluies, les bateliers qui perdent leur route se dirigent vers lui en pensant qu’il s’agit d’une maison, mais il les induit en erreur et les conduit à leur perte.

Quant au Phi Pungtaï (ผีพุ่งไต้), il s’agit d’une sorte d’étoile filante qui va et vient dans le ciel la nuit et qu’il ne faut pas confondre avec les étoiles filantes qui sont, pour les Thaïs, des « thewada chuti » (เทวดาจุติ), c’est‑à‑dire des créatures célestes (anges) descendant des cieux pour devenir des mortels.


Il y a plusieurs Phi dans la jungle, dont le Phi Chakla (ผีจะกลา) en particulier,


Le Phi Pop (ผีปอบ) est un Phi du Nord‑Est. Il s’introduit dans le corps d’une personne, le plus souvent une femme, et dévore ses entrailles, ce qui entraîne la mort pendant le sommeil. Il existe plusieurs sortes de Phi Pop :
  • Phi Pop Chuea (ผีปอบเชื้อ), héréditaire.
  • Phi Pop Laek Na (ปอบแหลกหน้า), qui trompe les autres.
  • Phi Pop Thammada (ปอบธรรมดา), qui possède une personne et meurt avec elle.
Le Pop est associé à la magie noire, sévèrement punie par les anciennes lois siamoises. Pour s’en protéger, on utilise des incantations, des guérisseurs traditionnels et des remèdes à base de plantes.

Sur le plan social, le Phi Pop reflète des tensions et des croyances communautaires autour de personnes marginalisées. On explique aussi comment certains acquièrent le contrôle d’un Pop et comment ceux qui en sont accusés sont souvent expulsés de leur village. Ces expulsions peuvent regrouper plusieurs personnes qui vont fonder un « village de Phi Pop » (บ้านผีปอบ). Certains pensent que ces villages existent encore.

« Nous savons en outre que lorsqu’une personne est soupçonnée d’être Phi Pop, elle ne finit pas sur le bûcher mais est bannie du village avec sa famille. Il arrive que ces expulsions concernent plusieurs personnes qui vont alors au loin former un village de phi pop. Existe‑t‑il encore des villages de phi pop (บ้านผีปอบ) ? Certains le croient. »

Seidenfaden apprit en 1909 que de nombreuses personnes innocentes trouvèrent refuge dans le village catholique de Tharae (ท่าแร่), sur la rive du lac Nonghan.

Les auteurs précisent qu’ils ont visité ce village, réputé être un refuge de Phi Pop, sans crainte. Ils mentionnent un rituel chamanique particulier qui y est pratiqué, différent de l’exorcisme catholique.


LES PHI DE LA TROISIÈME ESPÈCE

Ceux des deux premières ont leur domaine sur terre. Ceux‑là viennent d’ailleurs, du ciel ou de l’enfer, même si ces croyances ne sont pas strictement conformes à l’enseignement de Bouddha. Le plus grand est le Thao Wetsuwan (ท้าวเวสสุวรรณ), « connu de toutes les personnes instruites » nous dit IRWIN. C’est un géant (Yak – ยักษ์) féroce portant un gourdin de métal. Sa demeure est au ciel et il est porteur de pouvoirs maléfiques, notamment celui d’infliger la variole aux enfants. Nous avons toutefois tendance à partager l’opinion du prince Si Saowaphang et à attribuer à ce fléau une origine virale et non infernale.


Il faut lui adjoindre Phraya Matchurat (พระยามัจจุราช), le « maître de la mort » qui, lui, siège aux enfers dont il est le maître sous la direction de Thao Wetsuwan. Il est le juge qui inflige des sanctions aux Phi qui font le mal. Il tient des registres sur lesquels il inscrit les mauvaises actions des êtres humains pour que puisse leur être infligée une punition appropriée.


Il a sous ses ordres Nai Ariyaban (นายอริยบาล), plus connu sous le nom de Phra Yompraban (พระโยมพระบาล), son geôlier en chef, son bras séculier en quelque sorte, ou son bourreau qui inflige les punitions selon ses ordres.


L’article d’Irwin que je viens d’analyser de façon sereine a fait ensuite l’objet d’une discussion devant l’assemblée générale de la Siam society le 3 octobre 1907, alors présidée par un éminent érudit allemand, le Docteur Oswald Frankfurter. Tous les assistants manifestèrent leur intérêt pour une étude sur un sujet alors pratiquement inviolé. Il est rappelé par un intervenant, ce qui est moins connu, que « les anciennes lois du Siam » reconnaissaient l’existence de ces démons humains et prévoyaient leur mise à mort et la confiscation des biens en cas de preuve. Le Docteur Bradley, autre érudit, rappelle que dès le début de la dynastie Chakri, tous les cas de démonologie devaient être soumis à la juridiction de Bangkok de peur du manque d’impartialité des juges locaux, mais toujours selon lui, cette législation serait devenue plus ou moins obsolète.

Monsieur R. Belhomme (nous ignorons tout de lui) rappelle que tous les intervenants ont eu un jour connaissance de faits similaires concernant des fantômes, des génies et des démons, ce qui sera largement confirmé par d’autres participants. Le président rappelle que des faits similaires ont été dûment constatés dans l’Indochine française par le Commandant Lune de la Jonquière tout en faisant une longue description des Phi tonkinois.

Un intervenant pose la question de savoir si des cas récents sont connus où la peine de mort a été infligée. Le Major Erik Seidenfaden – chef de la gendarmerie siamoise n’est malheureusement pas là pour préciser qu’il a eu à la même époque à enquêter sur des cas de meurtres collectifs survenus dans des villages de sa circonscription. Nous n’en tirons qu’une conclusion : la croyance aux Phi ne se réfute pas, elle se constate.

Mais une question mérite d’être posée. Si une telle conférence avait été tenue à l’Académie des sciences ou une docte Académie de province, en 1907 ou en 2025, et aux phénomènes occultes, combien de sarcasmes et de hurlements de rire aurait‑elle suscité. Et pourtant, à en croire divers sondages ou enquêtes (plus ou moins sérieux ?), il y aurait peut‑être plus ou moins la moitié des Français qui croiraient aux fantômes et combien consultent‑ils leur horoscope sur leur journal alors que ce sont (la plupart du temps, car il existe des astrologues qui seraient sérieux) des couillonnades ??


Le village qui serait celui des des Phipop nous conduit à dire quelques mots nécessaires à la compréhension d’un film qui a connu grand succès et qui porte le nom de ce village catholique Tharae (ท่าแร่).


Les catholiques connaissent l’existence de ces créatures qui ne sont pas naturelles. Les Pères du Concile de Nicée qui ont rédigé le Credo auquel les catholiques sont tenus de croire ont précisé la croyance que Dieu a créé toutes choses visibles et invisibles. Ce qui tombe sous les sens nous l’appelons visible et d’autres créations sont seulement perçues par l’intelligence et la raison, nous l’appelons invisible. Lors de la création du monde figurent les esprits que nous appelons « anges » dont la fonction est d’adorer Dieu et de proclamer sa parole à l’humanité. Tout ce qu’a créé Dieu est bon mais certains esprits deviennent mauvais, ce sont « les démons ». Une partie d’entre eux ont choisi de se rebeller contre la volonté de Dieu, ce qui a entraîné un changement de leur état, ils ont perdu toute bonté et furent finalement chassés du ciel par Dieu. Ces esprits sont de nature spirituelle et possèdent pouvoir et autorité, mais non pouvoir sur Dieu, et ne peuvent exercer ce pouvoir arbitrairement, car ils sont soumis à la volonté divine.

Anges et démons sont tous deux de purs esprits créés par Dieu, mais la différence fondamentale réside dans le fait que les anges conservent leur bonté et sont soumis à Dieu, tandis que les démons, autrefois anges, ont rejeté Dieu et sont ainsi devenus des esprits maléfiques cherchant à égarer les humains et à les inciter à se rebeller contre lui. Les fantômes n’existent pas ; il n’y a que des démons. À la mort, l’âme d’une personne se rend dans un lieu choisi par Dieu, en fonction de sa vie. Certaines âmes vont au paradis, d’autres en enfer, et d’autres encore au purgatoire. Par conséquent, aucune âme ne reste errante sur terre.


Certains anges peuvent se matérialiser et descendre sur terre, ne citons que l’Ange qui fit l’annonce à Marie, mais la Bible est pleine de ces récits. 
Les démons peuvent par ailleurs descendre sur terre pour s’emparer du corps et de l’esprit d’un fidèle, c’est la possession, là encore les récits bibliques en sont pleins. C’est le très complexe rituel de l’exorcisme qui combat la possession démoniaque et il n’est pas méconnu en Thaïlande.


Du 15 au 20 septembre 2025, ce n’est pas vieux, le pape Léon XIV s’adressa aux exorcistes tenant à Rome le congrès mondial des exorcistes, leur rappelant qu’ils exercent un ministère nécessaire et délicat et les invitant à accompagner les fidèles qui souffrent à cause du diable par des prières de libération et de consolation. Ils étaient 300 venus du monde entier.


Le film Tharae est probablement le premier film thaï, film d’horreur comme il se doit, à mêler croyances chrétiennes et croyances populaires thaïes, deux systèmes de croyances bien distincts mais qui se côtoient dans la communauté de Tharae où les croyances anciennes persistent au quotidien dans ce brassage culturel.

Dans la plus ancienne communauté catholique de Thaïlande, un esprit maléfique que l’on croyait vaincu depuis des dizaines d’années refait surface. Son retour se manifeste lorsque Ta Ming (ตามิ่ง), un ancien prêtre catholique, adopte un comportement étrange et terrifiant, semant la peur dans tout le village. Les habitants se tournent alors vers Mae Sopha (แม่โสภา), une chamane locale capable de communiquer avec les esprits et d’accomplir des rituels de guérison selon les croyances traditionnelles de l’Isan.

Parallèlement, l’Église envoie le Père Paul (บาทหลวงเปาโล), expert en exorcisme. Il est urgent d’agir pour éviter la crise. Le mal est tapi dans l’ombre. Les croyances de deux mondes s’unissent pour combattre l’horreur.

Les catholiques de Tharae ont probablement une pensée pour la lutte contre les démons, puisque l’on trouve à l’entrée du village une gigantesque statue de l’archange Saint Michel terrassant le démon, et jusque dans un bénitier de la cathédrale.


Vous pouvez penser de tout cela ce que vous voudrez. 

Certains catholiques pratiquants ne craignent pas de dire que c’est un « symbole ». 
La belle affaire ! Cette opinion est répandue, elle est purement et simplement hérétique. 

Une simple conclusion tout à fait personnelle.

Le film de 1995 Usual Suspects est probablement le plus grand des films policiers de tous les temps, le plus grand en tout cas de tous les policiers que j’ai vus et j’en ai vu autant sinon plus que de westerns. Il existe dans le monde du crime un gangster qui jouit d’une aura mythique, réputé pour son extrême violence et son insaisissabilité, Keyser Söze. Un policier interroge une espèce de minable demi‑sel, infirme qui plus est. Il s’avère qu’il est en réalité LE Keyser Söze. Il résume en fin de film sa carrière : « Le plus grand tour de force du diable a été de convaincre le monde qu’il n’existait pas ». La citation est souvent attribuée à Baudelaire, elle est en réalité de Saint Bernard de Menthon, qui chassait les démons du col qui porte son nom.



Bernard DE GUILHERMIER

14  Janvier 2026

Les couples franco-thaï : entre clichés, réalités et belles histoires


En Thaïlande, il suffit parfois de voir un couple franco-thaï se promener main dans la main pour que les idées reçues s’invitent à la table… souvent sans y être conviées.« Encore un retraité avec une jeune Thaïlandaise », entend-on parfois, un peu vite, un peu fort, et surtout sans vraiment connaître l’histoire.Et si l’on prenait le temps de regarder ces couples autrement ?


Un regard occidental… très occidental

En France, le couple est souvent perçu à travers le prisme de l’égalité stricte : même âge, mêmes diplômes, mêmes revenus, mêmes références culturelles.

Toute différence trop visible – d’âge, de culture ou de parcours – interroge, dérange, voire amuse.

En Thaïlande, la vision est différente. Le couple n’est pas seulement une affaire d’amour romantique (même s’il est bien présent), mais aussi de projet de vie, de stabilité, de respect mutuel et parfois de responsabilité familiale.

Aimer quelqu’un, c’est aussi se projeter ensemble dans la durée.

Non, toutes les femmes thaïlandaises ne rêvent pas d’un “farang retraité”

Ce cliché est tenace… et pourtant très éloigné de la réalité.

Les femmes thaïlandaises sont étudiantes, entrepreneures, infirmières, commerçantes, artistes, mères, voyageuses. Elles choisissent leur partenaire comme partout ailleurs : pour son caractère, sa bienveillance, son humour… et parfois aussi sa capacité à offrir une certaine sécurité.

Comme en France, finalement.

Et non, tous les hommes français en Thaïlande ne sont pas des retraités en sandales-chaussettes. Certains travaillent, d’autres créent des entreprises, enseignent, voyagent ou tombent simplement amoureux là où ils ne l’avaient pas prévu.

Une autre conception du couple

Dans la culture thaïlandaise, le couple est souvent perçu comme une équipe.

On avance ensemble, on se soutient, on prend soin l’un de l’autre, et l’on accorde une grande importance au respect et à l’harmonie.

La différence d’âge, par exemple, est moins taboue qu’en Europe. Elle peut être vue comme une complémentarité plutôt qu’un déséquilibre.

Là où certains voient un calcul, beaucoup vivent simplement une rencontre.

Quand deux cultures se rencontrent

Bien sûr, tout n’est pas toujours simple. Les couples franco-thaï jonglent avec les langues, les habitudes, les fêtes familiales, la place de la belle-famille, la manière d’exprimer les émotions…

Mais ces différences, loin d’être des obstacles, deviennent souvent des richesses.

Apprendre à rire de ses propres maladresses culturelles est souvent le premier pas vers une belle complicité.

Des histoires avant tout humaines

Derrière chaque couple franco-thaï, il y a une histoire unique, faite de choix, de compromis, d’amour, parfois de doutes, mais surtout de vies entremêlées.

Réduire ces relations à des clichés, c’est oublier l’essentiel : 
👉 deux personnes qui se sont rencontrées, reconnues et ont décidé d’avancer ensemble.

Et finalement, n’est-ce pas là la définition la plus simple et la plus universelle du couple ?


Marc Laval

05  Janvier 2026

L’art du bambou tressé à Kalasin, un héritage vivant de l’Isan.


Dans la province de Kalasin, située dans le Nord-Est de la Thaïlande, l’art du bambou tressé fait partie intégrante du patrimoine artisanal local. Ce savoir-faire, transmis de génération en génération, se retrouve notamment chez les communautés Phu Thai, qui utilisent le bambou pour créer des objets à la fois fonctionnels et esthétiques comme des corbeilles, des contenants, des sacs et d’autres articles du quotidien.


Le processus commence avec des tiges de bambou jeunes, soigneusement sélectionnées, fendue en fines lanières puis tissées selon des motifs traditionnels, parfois inspirés par des formes naturelles ou culturelles. Certaines pièces sont également utilisées lors de rituels locaux, comme les offrandes dans les cérémonies religieuses.


Un exemple d’endroit où l’on peut découvrir cet artisanat est le Phu Thai Nong Hang Handicraft Centre, dans le district de Kuchinarai, où des artisans locaux tissent non seulement du bambou mais aussi du coton et de la soie selon des motifs traditionnels.


L’art du bambou tressé à Kalasin représente ainsi une tradition vivante qui met en valeur à la fois la créativité communautaire et l’utilisation durable de ressources naturelles. Ce patrimoine artisanal contribue également au tourisme culturel et à l’économie locale.


Marc Laval
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