Blog TIF
Ici, les regards se croisent et les voix se répondent.

Le blog de terresisanfrance se veut un espace ouvert où plusieurs contributeurs partagent, au fil de brèves et de courts articles, leurs observations, leurs coups de cœur, leurs interrogations ou leurs découvertes.
Les sujets sont variés — culture, société, traditions, vie quotidienne, souvenirs de voyage ou regards d’expatriés — mais tous entretiennent, de près ou de loin, un lien avec la Thaïlande.
Sans prétention d’exhaustivité ni d’analyse académique, ces textes offrent des instantanés, des impressions, parfois engagées, parfois légères, toujours personnelles.
Sans prétention d’exhaustivité ni d’analyse académique, ces textes offrent des instantanés, des impressions, parfois engagées, parfois légères, toujours personnelles.
Ce blog est avant tout un lieu de partage et de curiosité, où chacun apporte sa pierre à une meilleure compréhension de ce pays fascinant, entre ancrage local et ouverture sur le monde.
Bonne lecture, et bienvenue dans cet espace de mots et de regards.
28 Janvier 2026





Les anecdotes portent sur des témoignages probablement fiables provenant de personnes tout aussi dignes de foi. Ce sont ces anecdotes qui ont conduit IRWIN à s’intéresser aux Phi d’une façon cartésienne. C’est notre propos de ce jour.
Ses recherches se sont heurté à des difficultés, comme celle des personnes possédant certaines croyances et ne voulant pas en parler, surtout si elles pensent que le Phi en question est dans le voisinage ; ou encore celle de personnes qui ont rencontré le même Phi et peuvent donner des versions entièrement différentes de son apparence et de ses attributs ; en sachant que le même Phi peut avoir différentes facultés qui lui sont assignées dans les différentes parties du pays.

La littérature siamoise sur le sujet est rare. IRLWIN a découvert une brochure de 60 pages écrite par le Prince Si Saowaphang (พระองค์เจ้า ศรีเสาวภางค์) intitulée « Propos sur les pouvoirs des Phi et des Philok » (ว่าด้วยอำนาจผีและผีหลอก – Wa duaianmat Phi lae Phillok). Cet ouvrage confidentiel n’a été réédité qu’une seule fois, en 1921.Le prince commente certains effets attribués par les ignorants à quelques Phi, en précisant que ces effets proviennent parfois (mais pas toujours) de causes purement naturelles. IRLWIN s’est appuyé sur la liste des Phi fournie par le prince. Celle de Phya Anumam Rajathon n’est pas exactement semblable, ce qui laisse penser qu’il n’a peut‑être pas eu connaissance de cette opuscule.

- Ceux qui, liés aux êtres humains, sont des fantômes au sens propre, fantômes de morts ou « corps astral » de vivants.
- Ceux qui ne proviennent pas d’êtres humains, ayant leur existence propre mais qui, dans certains cas, peuvent être sous contrôle d’un être humain.
- Et enfin les Phi d’un autre monde que l’on ne voit ni n’entend mais dont l’existence est assurée (dans une certaine mesure !).


Ils existent par eux‑mêmes, ne provenant pas, par leur origine, de corps humains, morts ou vivants.
Le premier parmi eux est le Phi Ruan (ผีเรือน), l’« ange gardien » attaché à chaque maison. Nous le connaissons. Il a son autel dans toutes nos maisons, hommages aux ancêtres. IRWIN nous cite l’existence d’autres Phi, le plus souvent maléfiques :


Quant au Phi Pungtaï (ผีพุ่งไต้), il s’agit d’une sorte d’étoile filante qui va et vient dans le ciel la nuit et qu’il ne faut pas confondre avec les étoiles filantes qui sont, pour les Thaïs, des « thewada chuti » (เทวดาจุติ), c’est‑à‑dire des créatures célestes (anges) descendant des cieux pour devenir des mortels.


- Phi Pop Chuea (ผีปอบเชื้อ), héréditaire.
- Phi Pop Laek Na (ปอบแหลกหน้า), qui trompe les autres.
- Phi Pop Thammada (ปอบธรรมดา), qui possède une personne et meurt avec elle.
Sur le plan social, le Phi Pop reflète des tensions et des croyances communautaires autour de personnes marginalisées. On explique aussi comment certains acquièrent le contrôle d’un Pop et comment ceux qui en sont accusés sont souvent expulsés de leur village. Ces expulsions peuvent regrouper plusieurs personnes qui vont fonder un « village de Phi Pop » (บ้านผีปอบ). Certains pensent que ces villages existent encore.
« Nous savons en outre que lorsqu’une personne est soupçonnée d’être Phi Pop, elle ne finit pas sur le bûcher mais est bannie du village avec sa famille. Il arrive que ces expulsions concernent plusieurs personnes qui vont alors au loin former un village de phi pop. Existe‑t‑il encore des villages de phi pop (บ้านผีปอบ) ? Certains le croient. »
Seidenfaden apprit en 1909 que de nombreuses personnes innocentes trouvèrent refuge dans le village catholique de Tharae (ท่าแร่), sur la rive du lac Nonghan.
Les auteurs précisent qu’ils ont visité ce village, réputé être un refuge de Phi Pop, sans crainte. Ils mentionnent un rituel chamanique particulier qui y est pratiqué, différent de l’exorcisme catholique.

Ceux des deux premières ont leur domaine sur terre. Ceux‑là viennent d’ailleurs, du ciel ou de l’enfer, même si ces croyances ne sont pas strictement conformes à l’enseignement de Bouddha. Le plus grand est le Thao Wetsuwan (ท้าวเวสสุวรรณ), « connu de toutes les personnes instruites » nous dit IRWIN. C’est un géant (Yak – ยักษ์) féroce portant un gourdin de métal. Sa demeure est au ciel et il est porteur de pouvoirs maléfiques, notamment celui d’infliger la variole aux enfants. Nous avons toutefois tendance à partager l’opinion du prince Si Saowaphang et à attribuer à ce fléau une origine virale et non infernale.



Monsieur R. Belhomme (nous ignorons tout de lui) rappelle que tous les intervenants ont eu un jour connaissance de faits similaires concernant des fantômes, des génies et des démons, ce qui sera largement confirmé par d’autres participants. Le président rappelle que des faits similaires ont été dûment constatés dans l’Indochine française par le Commandant Lune de la Jonquière tout en faisant une longue description des Phi tonkinois.
Un intervenant pose la question de savoir si des cas récents sont connus où la peine de mort a été infligée. Le Major Erik Seidenfaden – chef de la gendarmerie siamoise n’est malheureusement pas là pour préciser qu’il a eu à la même époque à enquêter sur des cas de meurtres collectifs survenus dans des villages de sa circonscription. Nous n’en tirons qu’une conclusion : la croyance aux Phi ne se réfute pas, elle se constate.
Mais une question mérite d’être posée. Si une telle conférence avait été tenue à l’Académie des sciences ou une docte Académie de province, en 1907 ou en 2025, et aux phénomènes occultes, combien de sarcasmes et de hurlements de rire aurait‑elle suscité. Et pourtant, à en croire divers sondages ou enquêtes (plus ou moins sérieux ?), il y aurait peut‑être plus ou moins la moitié des Français qui croiraient aux fantômes et combien consultent‑ils leur horoscope sur leur journal alors que ce sont (la plupart du temps, car il existe des astrologues qui seraient sérieux) des couillonnades ??


Anges et démons sont tous deux de purs esprits créés par Dieu, mais la différence fondamentale réside dans le fait que les anges conservent leur bonté et sont soumis à Dieu, tandis que les démons, autrefois anges, ont rejeté Dieu et sont ainsi devenus des esprits maléfiques cherchant à égarer les humains et à les inciter à se rebeller contre lui. Les fantômes n’existent pas ; il n’y a que des démons. À la mort, l’âme d’une personne se rend dans un lieu choisi par Dieu, en fonction de sa vie. Certaines âmes vont au paradis, d’autres en enfer, et d’autres encore au purgatoire. Par conséquent, aucune âme ne reste errante sur terre.

Les démons peuvent par ailleurs descendre sur terre pour s’emparer du corps et de l’esprit d’un fidèle, c’est la possession, là encore les récits bibliques en sont pleins. C’est le très complexe rituel de l’exorcisme qui combat la possession démoniaque et il n’est pas méconnu en Thaïlande.


Dans la plus ancienne communauté catholique de Thaïlande, un esprit maléfique que l’on croyait vaincu depuis des dizaines d’années refait surface. Son retour se manifeste lorsque Ta Ming (ตามิ่ง), un ancien prêtre catholique, adopte un comportement étrange et terrifiant, semant la peur dans tout le village. Les habitants se tournent alors vers Mae Sopha (แม่โสภา), une chamane locale capable de communiquer avec les esprits et d’accomplir des rituels de guérison selon les croyances traditionnelles de l’Isan.
Parallèlement, l’Église envoie le Père Paul (บาทหลวงเปาโล), expert en exorcisme. Il est urgent d’agir pour éviter la crise. Le mal est tapi dans l’ombre. Les croyances de deux mondes s’unissent pour combattre l’horreur.
Les catholiques de Tharae ont probablement une pensée pour la lutte contre les démons, puisque l’on trouve à l’entrée du village une gigantesque statue de l’archange Saint Michel terrassant le démon, et jusque dans un bénitier de la cathédrale.


Certains catholiques pratiquants ne craignent pas de dire que c’est un « symbole ».
La belle affaire ! Cette opinion est répandue, elle est purement et simplement hérétique.
Une simple conclusion tout à fait personnelle.
Le film de 1995 Usual Suspects est probablement le plus grand des films policiers de tous les temps, le plus grand en tout cas de tous les policiers que j’ai vus et j’en ai vu autant sinon plus que de westerns. Il existe dans le monde du crime un gangster qui jouit d’une aura mythique, réputé pour son extrême violence et son insaisissabilité, Keyser Söze. Un policier interroge une espèce de minable demi‑sel, infirme qui plus est. Il s’avère qu’il est en réalité LE Keyser Söze. Il résume en fin de film sa carrière : « Le plus grand tour de force du diable a été de convaincre le monde qu’il n’existait pas ». La citation est souvent attribuée à Baudelaire, elle est en réalité de Saint Bernard de Menthon, qui chassait les démons du col qui porte son nom.

14 Janvier 2026
Les couples franco-thaï : entre clichés, réalités et belles histoires

En France, le couple est souvent perçu à travers le prisme de l’égalité stricte : même âge, mêmes diplômes, mêmes revenus, mêmes références culturelles.
Toute différence trop visible – d’âge, de culture ou de parcours – interroge, dérange, voire amuse.
En Thaïlande, la vision est différente. Le couple n’est pas seulement une affaire d’amour romantique (même s’il est bien présent), mais aussi de projet de vie, de stabilité, de respect mutuel et parfois de responsabilité familiale.
Aimer quelqu’un, c’est aussi se projeter ensemble dans la durée.
Non, toutes les femmes thaïlandaises ne rêvent pas d’un “farang retraité”
Ce cliché est tenace… et pourtant très éloigné de la réalité.
Les femmes thaïlandaises sont étudiantes, entrepreneures, infirmières, commerçantes, artistes, mères, voyageuses. Elles choisissent leur partenaire comme partout ailleurs : pour son caractère, sa bienveillance, son humour… et parfois aussi sa capacité à offrir une certaine sécurité.
Comme en France, finalement.
Et non, tous les hommes français en Thaïlande ne sont pas des retraités en sandales-chaussettes. Certains travaillent, d’autres créent des entreprises, enseignent, voyagent ou tombent simplement amoureux là où ils ne l’avaient pas prévu.
Une autre conception du couple
Dans la culture thaïlandaise, le couple est souvent perçu comme une équipe.
On avance ensemble, on se soutient, on prend soin l’un de l’autre, et l’on accorde une grande importance au respect et à l’harmonie.
La différence d’âge, par exemple, est moins taboue qu’en Europe. Elle peut être vue comme une complémentarité plutôt qu’un déséquilibre.
Là où certains voient un calcul, beaucoup vivent simplement une rencontre.
Quand deux cultures se rencontrent
Bien sûr, tout n’est pas toujours simple. Les couples franco-thaï jonglent avec les langues, les habitudes, les fêtes familiales, la place de la belle-famille, la manière d’exprimer les émotions…
Mais ces différences, loin d’être des obstacles, deviennent souvent des richesses.
Apprendre à rire de ses propres maladresses culturelles est souvent le premier pas vers une belle complicité.
Des histoires avant tout humaines
Derrière chaque couple franco-thaï, il y a une histoire unique, faite de choix, de compromis, d’amour, parfois de doutes, mais surtout de vies entremêlées.
Réduire ces relations à des clichés, c’est oublier l’essentiel :
👉 deux personnes qui se sont rencontrées, reconnues et ont décidé d’avancer ensemble.
Et finalement, n’est-ce pas là la définition la plus simple et la plus universelle du couple ?
05 Janvier 2026
L’art du bambou tressé à Kalasin, un héritage vivant de l’Isan.




