Blog TIF
Ici, les regards se croisent et les voix se répondent.

Le blog de terresisanfrance se veut un espace ouvert où plusieurs contributeurs partagent, au fil de brèves et de courts articles, leurs observations, leurs coups de cœur, leurs interrogations ou leurs découvertes.
Sans prétention d’exhaustivité ni d’analyse académique, ces textes offrent des instantanés, des impressions, parfois engagées, parfois légères, toujours personnelles.
La Gnole, le Pipi et le Génie Moderne...
Dans notre société éclairée, bienveillante et infiniment soucieuse de notre bien-être, la tendance est au tout-réglementer. On ne se contente plus de conseiller, on interdit, on encadre, on surveille. Pour votre bien, évidemment. Toujours pour votre bien.
Un reportage a récemment attiré mon attention. On y voyait un homme d'un certain âge, amateur de « gnole », expliquer avec le bon sens tranquille de ceux qui ont vécu que cette boisson avait ses vertus. Charmant. Archaïque. Suspects, ces gens-là.

Car voilà le problème.
Autrefois, chaque citoyen avait le droit, l'audace ! de distiller lui-même sa récolte de fruits sur le pas de sa porte. De nos jours, cette pratique barbare est encadrée avec la rigueur qu'elle mérite : association agréée, professionnel certifié, formulaires en quadruple exemplaire, déclarations officielles, signalement de production. Tout cela, bien sûr, pour protéger votre santé. Car l'alcool tue. C'est désormais officiel.
Peu importe qu'on l'appelle eau-de-vie depuis des siècles. Peu importe qu'on en distribuait généreusement aux soldats qui sortaient des tranchées pour aller tuer leur prochain, là, c'était du courage en bouteille. Aujourd'hui, la même bouteille est un danger public. Les époques ont leurs cohérences.
Mais rassurez-vous : la modernité compense largement ces pertes.
Des chercheurs, de brillants chercheurs, après de longs mois de labeur acharné, viennent en effet de découvrir quelque chose de révolutionnaire. Quelque chose que personne, absolument personne, n'avait jamais imaginé auparavant. L'urine humaine… serait bénéfique pour les plantes du potager. Oui. On construit déjà des usines pour collecter le précieux liquide, le transformer, le traiter, lui donner une présentation digne de sa nouvelle noblesse scientifique.
Ce liquide que, dans le langage vernaculaire, on appelle simplement « pipi ».
Mon grand-père, lui, n'avait pas attendu le comité scientifique pour épandre le contenu de sa fosse d'aisance sur son potager avant de retourner la terre. Mais mon grand-père était un homme simple, sans diplôme ni subvention de recherche. Il ne pouvait donc pas savoir. Il se contentait de faire pousser des légumes.
Comme le disait Taha Hassine Ferhat : « La vie est un éternel recommencement. » Et il avait raison — à ceci près que, dans la version moderne, chaque recommencement s'accompagne d'un dossier administratif, d'une étude d'impact et d'un communiqué de presse annonçant la découverte de ce que nos aïeux pratiquaient en sifflotant.
Fleurette Levesque le formulait avec plus d'élégance : « Tant et aussi longtemps que l'on sait recommencer, rien n'est totalement perdu. »
Espérons-le. Car à ce rythme, dans vingt ans, des experts en blouse blanche découvriront les vertus du bouillon de poule contre les rhumes, l'intérêt de marcher pour rester en forme, et les bienfaits du sommeil sur la fatigue.
Ils publieront. Ils seront récompensés.
Et quelque part, un vieux paysan lèvera son verre de gnole en souriant.
Les opinions exprimées dans cette tribune sont celles de l'auteur, et du bon sens, qui lui, ne se réglemente pas encore.
Gérard Dorchy
30 Mai 2026
Certaines insomnies ne servent pas qu’à compter les moutons… 🐑🐑🐑

...elles rappellent aussi quelques savoureuses curiosités du quotidien thaïlandais.
Les insomnies sont souvent créatrices. L’esprit vagabonde alors, errant entre souvenirs, idées légères et pensées plus profondes.
Pour ma part, elles deviennent parfois culinaires, ouvrant la porte à quelques pâtisseries nocturnes ou recettes improbables.
Cette nuit, ce sont quelques bizarreries thaïlandaises qui me sont revenues à l’esprit. Je vous en livre quelques-unes.

L’auto-stop… il n’existe pratiquement pas en Thaïlande. Vous verrez rarement quelqu’un au bord d’une route, le pouce levé, espérant un transport improvisé.Il faut dire qu’ici, même pour les plus petits déplacements, le deux-roues motorisé règne en maître.
Beaucoup vont d’un point à un autre sans jamais réellement quitter leur scooter, allant parfois jusqu’à commander leur repas au snack de bord de route tout en restant assis sur leur engin, au ras du comptoir.

Il existe aussi une multitude de transports collectifs, souvent peu coûteux et étonnamment efficaces.
Ils relient facilement villages, quartiers ou provinces entières. Pour les longs trajets, les célèbres bus VIP offrent parfois un confort inattendu : sièges inclinables presque couchettes, télévision, toilettes, plateau-repas, chauffeurs multiples et parfois même une hôtesse de bord.

L’utilisation du couteau « mit » (มีด) en thaï, possède également sa petite singularité.
Contrairement à certaines habitudes européennes où l’on ramène la lame vers soi, ici le geste consiste plutôt à pousser l’outil vers l’extérieur, manière dit-on plus prudente d’éviter quelques coupures maladroites.

Et puis il y a les chiens errants…
Chaque village semble avoir sa petite meute de chiens vagabonds, parfois trois individus, parfois bien davantage, libres de circuler au gré des rues et des abords de route.
Ils apparaissent puis disparaissent selon l’heure du jour, dormant à l’ombre d’un commerce, traversant nonchalamment une chaussée ou accompagnant discrètement les allées et venues du voisinage.
Certaines périodes apportent cependant davantage d’animation.
Lorsque quelques demoiselles canines attirent autour d’elles une cour enthousiaste de prétendants, les rivalités s’expriment aussitôt dans un concert d’aboiements où chacun semble vouloir démontrer la puissance de son organe vocal.
Les nuits thaïlandaises prennent alors parfois des allures d’opéra improvisé.Ces chiens appartiennent souvent un peu à tout le monde… et finalement à personne tout à fait.
Nourris ici ou là, tolérés, parfois protégés par les habitants ou les temples, ils font partie intégrante du décor quotidien du royaume de Siam. »
Gérard Dorchy
20 Mai 2026
➡️ Le fidèle chauffeur et homme de confiance du général de Gaulle
Francis Marroux, le gendarme qui accompagna le général de Gaulle durant les années les plus dangereuses de la Ve République, demeure une figure discrète mais marquante de l’histoire française.
Ancien résistant, il devient en 1959 le chauffeur attitré du Général à l’Élysée. Pendant dix années, jusqu’au départ de Charles de Gaulle en 1969, il sera à ses côtés dans les moments les plus importants, notamment lors des deux attentats qui ont failli coûter la vie au chef de l’État.
Le premier survient le 8 septembre 1961 à Pont-sur-Seine. Une bombe explose au passage de la DS présidentielle. Malgré la violence de l’explosion et l’effet de surprise, Francis Marroux garde le contrôle du véhicule et parvient à traverser les flammes sans accident.
Quelques mois plus tard, le 22 août 1962, lors du célèbre attentat du Petit-Clamart organisé par l’OAS, la voiture du Général est prise sous une pluie de balles. La DS est touchée à de nombreuses reprises, plusieurs pneus sont crevés, mais Marroux réussit néanmoins à accélérer et à sortir du piège, sauvant ainsi les occupants du véhicule.
Le général de Gaulle évoquera lui-même cet épisode dans ses Mémoires.

Adjudant Francis Marroux : le destin d’un gendarme, de la Résistance à l’Élysée
Après la démission du Général en 1969, Francis Marroux choisit de rester à son service à Colombey-les-Deux-Églises. Présent jusqu’aux derniers instants de Charles de Gaulle en novembre 1970, il continuera ensuite à servir Madame de Gaulle pendant plusieurs années.
L’histoire a retenu de Francis Marroux son calme, sa fidélité et son sens du devoir. Un homme de l’ombre qui accompagna l’une des plus grandes figures de l’histoire contemporaine française dans des moments décisifs.
Gérard Dorchy
11 Mai 2026
Connaissez vous le « biais cognitif »?
Pour ma part, je ne connaissais pas mais apparemment c’est un « outil « redoutable.
Utilisé sur les réseaux sociaux, et par les algorithmes.
Je me posais une question suite à une recherche sur internet. Peu de temps après, il m’était proposé des articles en rapport avec ma précédente recherche.
L’algorithme avait analysé l’ensemble de mes données, déterminant le contenu de mes recherches.

Il affichera dorénavant en priorité des images allant dans ce sens. Il évoluera en fonction des comportements que j’adopterai par la suite.
Le biais cognitif lui intervient comme un raccourci mental spontané et inconscient que le cerveau utilise pour traiter l’information rapidement. Il dévie ma pensée logique, il fausse mon jugement, amenant à des erreurs de décision.
Il va proposer des réponses qu’il sait me plaire et que je vais très certainement accepter. Le cerveau allant vers ma préférence, il inhibe mon pouvoir de sélection.
Pour certains à l’esprit influençable ou d’autres connectés en permanence, cela devient dangereux. On peut être manipulé et si la fausse idée est véhiculée vers un très grand nombre, elle devient référence, submergeant la vérité.
Il n’est alors pas anormal de constater qu’une partie non négligeable de la population accepte ce que l’on nommera « fake News ». A force, il sera même devenu difficile de rétablir la vérité.
Le plus probant en ce moment est la théorie des platistes et le voyage vers notre satellite la Lune. Tellement de « fausses vérités « que l’on fini par exprimer le doute.
D’ailleurs, vous même, en ce moment n’êtes vous pas enclin à la suspicion.
Gérard Dorchy
29 Avril 2026
Le mot de Gérard, notre vice-président

Ancien gendarme, Gérard a gardé de son parcours professionnel le goût des mots justes et des récits précis. Observateur attentif du quotidien, il sait capter ces instants de vie qui racontent bien plus qu’une simple anecdote. Entre convivialité villageoise, passion pour l’écriture et sens du détail, il nous propose ici une plongée inattendue dans une tradition locale, à la fois surprenante et profondément humaine.
Trois coups dans la nuit
Dès que l’on me réveille, je n’y peux rien : la lumière s’allume partout et la machine se met en route.
Parfois, je cuisine quelques pâtisseries, devenues au fil du temps une sorte de monnaie sympathique au village pour remercier un service, animer un atelier ou simplement partager un moment.
D’autres fois, j’écris. J’ai toujours aimé cela. C’est sans doute ce qui m’a le plus marqué dans mon métier de gendarme : le plaisir de rédiger, et même celui, discret mais réel, de recevoir une annotation positive en rouge dans la marge d’un magistrat.
Mais cette nuit-là…
Horreur ! Vers 1 h 30, trois détonations éclatent chez mon voisin. Réveil en sursaut.
Et pourtant, je suis bien loin du détroit d’Ormuz, de quelque frontière agitée ou d’un territoire en guerre. Alors… que se passe-t-il ?
Ma compagne thaïlandaise, plus au fait des coutumes locales, me rassure rapidement.
Ces pétards annoncent simplement le décès soudain d’Ikiete, 83 ans, qui luttait depuis longtemps contre la maladie.
Ici, ces explosions ont un sens : elles servent à éloigner les mauvais esprits et à guider l’âme du défunt pour qu’elle ne reste pas errante près de son foyer.
Commencent alors les préparatifs. Sous une chaleur avoisinant les 40°, le corps est placé dans un cercueil réfrigéré, décoré de guirlandes lumineuses scintillantes, presque festives. La pièce se pare de fleurs, et un portrait du défunt permet à chacun de se souvenir de son visage vivant.

Les visiteurs viennent s’agenouiller, prier, dans un rituel codifié : une seule prosternation, un seul bâton d’encens — contrairement aux trois offerts à Bouddha.
Quelques jours plus tard, vient le moment de la crémation.
Le départ du cortège est, là encore, marqué par trois détonations. Le cercueil, posé sur un pick-up, est symboliquement tiré par la famille, les moines et les proches. Arrivés au temple, ils en font trois fois le tour avant la cérémonie.
Un maître de cérémonie retrace la vie du défunt. Offrandes, prières, derniers hommages se succèdent. Puis vient l’instant ultime : le corps est préparé, placé dans le crématoire.
Trois fois trois pétards retentissent, suivis d’une détonation plus forte encore comme pour ouvrir symboliquement les portes du « paradis ».
Et, paradoxalement, tout se termine dans une forme de joie : des petites enveloppes colorées contenant quelques pièces sont lancées dans la foule, pour le plus grand plaisir des enfants… et des adultes.
Le lendemain, certains viendront recueillir des fragments d’os ou de dents pour en faire des reliques.
Voilà donc la raison de ce réveil brutal. Ici, ce moment fait partie de la vie ou plutôt, du passage.
Et je ne peux m’empêcher d’y voir une étrange résonance avec nos « trois coups » au théâtre :
comme si, d’un continent à l’autre, le chiffre trois servait toujours à annoncer le début… ou la fin… d’une histoire.
Gérard Dorchy
19 Avril 2026
S’installer en Isan : une aventure partagée / Entre musique, rencontres et nouvelle manière de vivre la Thaïlande.
Installé en Thaïlande depuis maintenant treize ans, j’ai, comme beaucoup, été d’abord attiré par le climat, les plages et le coût de la vie. J’ai vécu pendant sept années à Koh Samui, une expérience que j’ai pleinement appréciée. Pourtant, avec le temps, le besoin de découvrir une autre facette du pays s’est imposé. Koh Samui reste une île très touristique, où l’on finit parfois par vivre entre touristes, dans un environnement qui, malgré ses charmes, peut sembler à la longue un peu déconnecté de la vie locale.
Ma rencontre avec une femme originaire de l’Isan a naturellement ouvert une nouvelle perspective dans mon parcours. Ensemble, nous avons pris le temps de découvrir sa région d’origine, d’y séjourner, d’en comprendre le rythme et les modes de vie. Au fil de ces allers-retours, l’idée de nous y installer a progressivement fait son chemin, non pas comme un projet individuel, mais comme une décision construite à deux. Lorsque l’opportunité d’acquérir un grand terrain s’est présentée, elle s’est inscrite dans cette continuité. Choisir de vivre en Isan est ainsi devenu une évidence partagée : celle de s’ancrer dans un environnement plus authentique et de vivre la Thaïlande autrement, ensemble.

Les débuts ont été bien remplis, entre installation et adaptation. Mais progressivement, j’ai appris à connaître la vie du village, à côtoyer ses habitants, et surtout à ne plus être perçu uniquement comme un touriste de passage.
C’est lors d’une fête locale qu’un événement déterminant s’est produit : ma rencontre avec un musicien jouant d’un instrument traditionnel thaïlandais, le phin. Fasciné par cette musique du nord-est du pays, j’ai commencé à m’y intéresser de plus près. J’ai d’abord essayé d’en jouer quelques notes, puis, constatant que l’instrument avait besoin de réparations, je me suis proposé de le restaurer.
Le musicien n’étant pas pressé de le récupérer, j’ai eu la chance de pouvoir l’utiliser pendant plusieurs mois. Cette expérience a éveillé en moi une nouvelle passion : celle de fabriquer mes propres instruments. J’ai ainsi construit un premier phin, puis un second, puis un troisième, jusqu’à obtenir une version acoustique qui me corresponde pleinement.
En parallèle, j’ai poursuivi mon apprentissage musical et commencé à partager mes progrès à travers de petites vidéos sur les réseaux sociaux. Cela m’a permis de rencontrer d’autres musiciens thaïlandais et de tisser de véritables liens. Aujourd’hui, je compte de nombreux amis dans la communauté locale, ainsi qu’un public fidèle, touché de voir un étranger s’intéresser sincèrement à leur culture et contribuer à faire vivre leur musique traditionnelle.
S’intégrer dans la société thaïlandaise n’est pas toujours évident, tant les différences culturelles peuvent être marquées. Mais au-delà de l’intégration, ce qui me rend le plus heureux, c’est de pouvoir partager une passion commune avec les habitants et de participer, à ma manière, à la transmission de leur patrimoine culturel.
La vie en Thaïlande peut se vivre de multiples façons. Cependant, je suis convaincu que s’intéresser à une activité qui rapproche des Thaïlandais qu’il s’agisse de musique, de danse, de participation à des fêtes ou à des cérémonies permet de découvrir une dimension bien plus profonde et authentique du pays.
Une chose est certaine : l’implication sincère est toujours reconnue. Et, tôt ou tard, elle ouvre les portes d’une véritable intégration et d’une harmonie de vie particulièrement enrichissante.

Marc Autret ( Mr. Leo)
15 Avril 2026
Le Mirage de l'Ego
L'ego est un trône bâti sur un précipice : plus on cherche à s'y élever, plus la chute est inévitable.

C'est le seul mur qui sépare véritablement l'homme de sa propre humanité, une prison invisible dont nous avons nous-mêmes forgé les barreaux à force de vouloir paraître plutôt qu'être.
Au bout du compte, nourrir son ego revient à boire de l'eau salée pour étancher sa soif : on ne finit que plus assoiffé, plus vide et, surtout, irrémédiablement seul.
L’humilité, elle, ne fait aucun bruit. Elle ne promet rien, ne réclame rien, ne s’exhibe jamais. Elle ne cherche pas à briller, seulement à éclairer juste assez pour que l’on voie plus clair en soi.
Là où l’ego gonfle et isole, l’humilité allège et relie. Elle nous rappelle que la vraie grandeur n’est pas de dominer, mais de se reconnaître faillible ; non pas de s’élever au‑dessus des autres, mais de marcher à leurs côtés. Et si elle semble difficile à pratiquer, c’est parce qu’elle exige le courage le plus rare : celui de renoncer à soi pour mieux se retrouver. Car au bout du compte, l’humilité n’est pas une faiblesse, mais la seule force qui ne trompe jamais celle qui nous rend enfin humains.
Par un auteur anonyme, parce que son ego voulait signer, mais on ne l’a pas laissé faire...
17 Mars 2026
La Thaïlande, nouveau carrefour mondial de l’automobile
Introduction – Le « Detroit de l’Asie » n’est pas un mythe
Quand on pense automobile en Asie, on cite spontanément le Japon ou la Corée du Sud. Pourtant, au cœur de l’Asie du Sud-Est, la Thaïlande s’est imposée depuis plusieurs décennies comme une puissance industrielle majeure.
Surnommée le « Detroit de l’Asie », la Thaïlande est aujourd’hui l’un des principaux centres d’assemblage automobile de la région, produisant pour son marché intérieur mais surtout pour l’exportation vers l’Asie, l’Océanie, le Moyen-Orient et même l’Europe.

1️⃣ Une industrie solidement installée L’industrie automobile thaïlandaise s’est développée à partir des années 1960, d’abord autour de l’assemblage de véhicules importés en kits (CKD), avant de devenir une véritable base industrielle intégrée. Aujourd’hui, le pays compte des dizaines d’usines d’assemblage et un vaste réseau de sous-traitants produisant moteurs, boîtes de vitesses, châssis, composants électroniques et pièces plastiques. Les principaux pôles industriels se situent dans l’est du pays, notamment autour de :
- Rayong
- Chonburi
- Samut Prakan
Cette concentration industrielle bénéficie de la proximité des ports en eau profonde et des infrastructures logistiques modernes.

2️⃣ Les géants japonais : piliers historiques Pendant longtemps, l’industrie automobile thaïlandaise a été dominée par les constructeurs japonais. Parmi les plus importants :
- Toyota Motor Thailand
- Isuzu Motors (Thailand)
- Honda Automobile (Thailand)
- Mitsubishi Motors Thailand
- Nissan Motor (Thailand)
La Thaïlande est devenue une base mondiale pour les pick-ups, segment extrêmement populaire localement et très exporté. Parmi les modèles emblématiques produits dans le pays :
- Toyota Hilux
- Isuzu D-Max
- Ford Ranger
Ces véhicules sont exportés vers des dizaines de pays et représentent une part essentielle des exportations industrielles thaïlandaises.

3️⃣ L’arrivée des constructeurs chinois : un tournant stratégique Depuis 2020, un nouveau chapitre s’ouvre. Le constructeur chinois Great Wall Motors a racheté l’ancienne usine de General Motors à Rayong, marquant un signal fort : la Thaïlande devient aussi une base stratégique pour les marques chinoises. Dans cette usine sont produits les modèles de la marque Haval, notamment :
- Haval H6
- Haval Jolion
Parallèlement, d’autres groupes chinois investissent massivement :
- BYD avec une usine dédiée aux véhicules électriques
- SAIC Motor
- GAC Aion
La Thaïlande devient ainsi une plateforme régionale pour les SUV hybrides et les véhicules électriques.
4️⃣ La transition vers l’électrique Le gouvernement thaïlandais encourage activement la production de véhicules hybrides et électriques via des incitations fiscales et des aides à l’investissement. L’objectif est clair : faire de la Thaïlande un hub régional des « véhicules à énergie nouvelle ». On voit déjà sur les routes thaïlandaises une forte progression :
- SUV hybrides
- Véhicules 100 % électriques
- Marques chinoises en forte croissance
La mutation industrielle est en marche.
5️⃣ Pourquoi la Thaïlande attire les constructeurs ? Plusieurs facteurs expliquent ce succès :
- Main-d’œuvre qualifiée et compétitive
- Écosystème de fournisseurs développé
- Infrastructures portuaires performantes
- Stabilité industrielle relative
- Position géographique stratégique au sein de l’ASEAN
La Thaïlande n’est pas seulement un pays d’assemblage : elle est devenue un maillon essentiel des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Conclusion
Une industrie en pleine transformation
Longtemps dominée par les constructeurs japonais et spécialisée dans les pick-ups thermiques, la Thaïlande vit aujourd’hui une transformation majeure. Entre l’arrivée des géants chinois, l’essor des SUV hybrides, et les ambitions électriques du gouvernement, le « Detroit de l’Asie » entre dans une nouvelle ère. Des chaînes d’assemblage traditionnelles aux lignes dédiées aux batteries et aux motorisations hybrides, le paysage automobile thaïlandais illustre parfaitement les mutations de l’industrie mondiale.
Thierry
12 Mars 2026
Le système de santé à 30 bahts en Thaïlande : un modèle d’accès universel aux soins
Saviez-vous que la Thaïlande dispose depuis plus de vingt ans d’un système de santé universel permettant à la grande majorité de sa population d’accéder aux soins à très faible coût ?

Connu sous le nom de « système des 30 bahts » ou Universal Coverage Scheme (UCS), ce programme a été lancé en 2002 afin de garantir un accès équitable aux soins médicaux pour tous les citoyens thaïlandais, en particulier ceux qui ne bénéficient pas d’autres régimes d’assurance. Aujourd’hui, il couvre environ les trois quarts de la population du pays. 
La « carte d’or » : se soigner pour 30 bahts
Le principe est simple : avec la fameuse « carte d’or », un patient peut consulter dans les établissements publics pour une contribution symbolique d’environ 30 bahts (moins d’un euro) par visite. Dans de nombreux cas, les soins sont même devenus totalement gratuits.
Le système couvre un large éventail de services :
• consultations et soins ambulatoires
• hospitalisation
• urgences
• maternité
• soins dentaires
• traitements lourds comme les cancers, maladies cardiaques ou rénales
Ce programme est financé principalement par le budget national et géré par le National Health Security Office. 
Un impact social majeur
Depuis sa création, ce système a profondément transformé l’accès aux soins en Thaïlande.
Des études ont montré qu’il a permis de réduire fortement les dépenses médicales catastrophiques pour les familles, évitant à des dizaines de milliers de ménages de basculer dans la pauvreté à cause de frais de santé. 
Il est aujourd’hui considéré par de nombreuses organisations internationales comme l’un des exemples réussis de couverture santé universelle dans un pays émergent.
Une évolution récente : se faire soigner partout
Depuis 2024 et sa généralisation progressive en 2025, le programme a été modernisé avec l’initiative « 30 Baht Treatment Anywhere ».
Grâce à cette évolution, les patients peuvent désormais :
• se rendre dans n’importe quel hôpital public ou établissement partenaire
• utiliser simplement leur carte d’identité nationale
• accéder à leurs dossiers médicaux numériques
Cette réforme rend le système plus flexible et facilite l’accès aux soins dans tout le pays. 
Et pour les étrangers ?
Le système des 30 bahts est réservé principalement aux citoyens thaïlandais.
Les travailleurs étrangers salariés en Thaïlande sont généralement affiliés au régime de sécurité sociale (Social Security Scheme) via leur employeur.
En résumé,
le système de santé à 30 bahts illustre la volonté de la Thaïlande de garantir un accès aux soins pour tous.
Un dispositif qui, en plus de vingt ans, est devenu un pilier essentiel du modèle social thaïlandais.

08 Mars 2026
Le golfe de Thaïlande : 1 800 km de côtes et une mer pleine de vie
Bordé par la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam et la Malaisie, le Golfe de Thaïlande est une vaste mer tropicale d’Asie du Sud-Est. Avec près de 1 800 kilomètres de littoral thaïlandais, des centaines d’îles et une biodiversité marine remarquable, il joue un rôle majeur dans la pêche, le tourisme et l’équilibre des écosystèmes côtiers.

Une mer étonnamment peu profonde
Le golfe de Thaïlande fait partie de la Mer de Chine méridionale et couvre une superficie d’environ 320 000 km². Contrairement à de nombreuses mers ouvertes, il est relativement peu profond :
- profondeur moyenne : environ 45 mètres
- profondeur maximale : environ 80 à 85 mètres
Cette caractéristique s’explique par la présence d’un vaste plateau continental et par les sédiments apportés par les nombreux fleuves qui se jettent dans le golfe. Le plus important est le Chao Phraya, qui traverse la capitale thaïlandaise, Bangkok, avant de rejoindre la mer.
Une eau légèrement moins salée que l’océan
L’eau du golfe de Thaïlande est un peu moins salée que celle de l’océan. Alors que la salinité moyenne des océans est d’environ 35 ‰, celle du golfe varie généralement entre 30 et 33 ‰. Cette différence s’explique par plusieurs facteurs :
- l’apport important d’eau douce provenant des fleuves
- les fortes pluies liées à la mousson tropicale
- la forme semi-fermée du golfe qui limite le renouvellement rapide de l’eau avec la Mer de Chine méridionale
Cette particularité favorise le développement d’écosystèmes côtiers riches, notamment les mangroves et les herbiers marins.

Une biodiversité marine abondante
Malgré sa faible profondeur, le golfe abrite une grande diversité d’espèces marines. On y trouve notamment :
- des maquereaux tropicaux
- des sardines et des thons
- des mérous et des barracudas
- des crevettes, des crabes et des calmars
Les eaux du golfe accueillent également des espèces emblématiques comme les Dugong, les Tortues marines et plusieurs espèces de Dauphins. Cette richesse biologique explique pourquoi le golfe constitue l’une des principales zones de pêche de la Thaïlande.
Des îles parmi les plus célèbres de Thaïlande Le golfe de Thaïlande abrite de nombreuses îles réputées pour leurs plages et leurs paysages tropicaux. Dans la partie sud du golfe se trouvent notamment :
- Koh Samui
- Koh Phangan
- Koh Tao
Plus près de Bangkok, certaines îles sont très appréciées pour les escapades de week-end :
- Koh Samet
À l’est, près de la frontière cambodgienne, se trouve un autre archipel :
- Koh Chang, l’une des plus grandes îles de Thaïlande
- Koh Kut (Koh Kood), réputée pour ses paysages encore préservés
Ces îles contribuent largement à la renommée touristique du golfe.
Un écosystème fragile Comme beaucoup de zones marines dans le monde, le golfe de Thaïlande fait face à plusieurs défis :
- la surpêche
- la pollution marine
- la disparition progressive des mangroves
- le réchauffement des eaux
La préservation de cet environnement est aujourd’hui un enjeu important pour les pays riverains.
Le saviez-vous ?
- L’eau du Golfe de Thaïlande est souvent moins transparente que celle de la Mer d’Andaman en raison des sédiments apportés par les fleuves.
- La température de l’eau y varie généralement entre 28 et 31 °C.
- Les populations de requins y ont fortement diminué depuis les années 1970.
- Le golfe compte plus de 300 îles.
- Son fond marin continue lentement à se combler avec les sédiments transportés par les fleuves.
- Avec sa superficie et sa profondeur moyenne, il contient environ 14 000 km³ d’eau.
Carte d’identité du golfe de Thaïlande
- Superficie : environ 320 000 km²
- Profondeur moyenne : environ 45 m
- Profondeur maximale : environ 80–85 m
- Volume d’eau estimé : environ 14 000 km³
- Température de l’eau : 28 à 31 °C
- Salinité : 30 à 33 ‰
- Littoral thaïlandais : environ 1 800 km
- Nombre d’îles : plus de 300
Conclusion
Peu profond mais immense, riche en biodiversité et bordé de près de 1 800 kilomètres de côtes thaïlandaises, le Golfe de Thaïlande demeure l’un des espaces maritimes les plus importants d’Asie du Sud-Est.
« La mer, une fois qu’elle vous a ensorcelé, vous tient dans son filet pour toujours. »
Jacques-Yves Cousteau
Thierry
01 Mars 2026
CONDUIRE EN THAÏLANDE : CE QU'IL FAUT SAVOIR !
Chers amis francophones, La Thaïlande affiche l'un des taux de mortalité routière les plus élevés au monde. Pas de quoi paniquer, mais de bonnes raisons d'être vigilant !

Les dangers principaux :
- Circulation à gauche (attention aux réflexes !)
- Conduite imprévisible des locaux, parfois à contre-sens ou en coupant la route
- Certaines routes en mauvais état
- Alcool au volant fréquent, surtout le soir
- Vitesses de véhicules très différentes sur une même route (du tracteur à la voiture de sport)
Votre équipement en deux roues :
- Casque obligatoire pour tous (même les enfants à l'arrière)
- Chaussures fermées, pantalon long
- Gilet réfléchissant recommandé la nuit
Précautions indispensables :
✅ Permis international + assurance valide
✅ Évitez de conduire la nuit
✅ Redoublez de prudence lors des fêtes (Songkran = période la plus dangereuse)
✅ Ne sous-estimez jamais les distances : 1h en France ≠ 1h en Thaïlande
✅ Anticipez l'imprévisible : chiens, poules, virages sans visibilité
Pour vos ados :
Insistez sur le casque attaché correctement. Les scooters tuent bien plus qu'en voiture (80% des décès routiers). La route thaïlandaise demande concentration et patience. Prudence = longévité ! Roulez zen, rentrez sains et saufs !
🙏 Terres d'Isan et de France - Votre association au cœur de l'Isan
Patrice VIRTE
17 Février 2026
Bien choisir son hôpital à Khon Kaen : le guide pratique
Vous vivez à Khon Kaen et vous vous demandez où vous faire soigner ? Petit tour d'horizon des options qui s'offrent à vous !

Pour les urgences et les cas sérieux, direction l'hôpital public Srinagarind (ศรีนครินทร์), rattaché à la fac de médecine de KKU. C'est le meilleur du coin : équipements de pointe, spécialistes compétents, et des tarifs défiant toute concurrence. Seul bémol : l'attente peut être longue et le confort spartiate.
Côté privé, l'hôpital Ratchapreuk (ราชพฤกษ์) reste d’un bon rapport qualité-prix. Service impeccable, médecins anglophones, et factures plus raisonnables que le Bangkok Hospital qui pratique, lui, plutôt des tarifs "luxe".
Pour les soins courants (dentiste, petit bobo, …), pensez aux cliniques privées ! Par exemple, le cabinet dentaire de l’Université de Khon Kaen en ville propose d'excellentes prestations à prix très doux. Idéal pour un détartrage ou des soins de routine. Prévoir quand même de prendre rendez-vous 1 mois a l’avance mais ils prennent aussi en urgence si besoin.
Pour le check-up, conseillé tous les ans passé 60 ans, vous pouvez vous rendre, sans rendez-vous, idéalement a jeun le matin à partir de 8h au centre hospitalier gouvernemental appelé Regional of Health Promotion Center 7 sur Google map (Health Plaza sur la photo jointe), situé à côté du Khon Kaen Hospital. Vous pourrez même y être reçus en français.
Le conseil Terres d'Isan : vérifiez bien votre couverture santé avant de choisir. Certaines assurances ne remboursent que le public, d'autres ont des accords avec le privé.
Prenez bien soin de vous ! 🙏
Patrice VIRTE
10 Février 2026
🎥 Le royaume qui a dit non !
Alors que presque toute la région est passée sous pavillon européen, la Thaïlande a su jouer finement entre les grandes puissances de l’époque. Cette vidéo revient sur une stratégie diplomatique aussi discrète qu’efficace.
05 Février 2026
Quand les distances cosmiques réévaluent notre notion du « loin »
- Il y a quelque temps, en observant une photographie publiée dans la rubrique « Allô la Terre », montrant notre planète vue par la sonde spatiale Voyager 1, une réflexion s’est imposée à moi. Ce cliché, connu sous le nom de Pale Blue Dot, a été pris le 14 février 1990 à environ six milliards de kilomètres de la Terre.

Vertige renouvelé.
28 Janvier 2026







- Ceux qui, liés aux êtres humains, sont des fantômes au sens propre, fantômes de morts ou « corps astral » de vivants.
- Ceux qui ne proviennent pas d’êtres humains, ayant leur existence propre mais qui, dans certains cas, peuvent être sous contrôle d’un être humain.
- Et enfin les Phi d’un autre monde que l’on ne voit ni n’entend mais dont l’existence est assurée (dans une certaine mesure !).






- Phi Pop Chuea (ผีปอบเชื้อ), héréditaire.
- Phi Pop Laek Na (ปอบแหลกหน้า), qui trompe les autres.
- Phi Pop Thammada (ปอบธรรมดา), qui possède une personne et meurt avec elle.












14 Janvier 2026
Les couples franco-thaï : entre clichés, réalités et belles histoires

05 Janvier 2026
L’art du bambou tressé à Kalasin, un héritage vivant de l’Isan.




