Blog TIF

Ici, les regards se croisent et les voix se répondent.


Le blog de terresisanfrance se veut un espace ouvert où plusieurs contributeurs partagent, au fil de brèves et de courts articles, leurs observations, leurs coups de cœur, leurs interrogations ou leurs découvertes. 
Les sujets sont variés — culture, société, traditions, vie quotidienne, souvenirs de voyage ou regards d’expatriés — mais tous entretiennent, de près ou de loin, un lien avec la Thaïlande.
Sans prétention d’exhaustivité ni d’analyse académique, ces textes offrent des instantanés, des impressions, parfois engagées, parfois légères, toujours personnelles. 

Ce blog est avant tout un lieu de partage et de curiosité, où chacun apporte sa pierre à une meilleure compréhension de ce pays fascinant, entre ancrage local et ouverture sur le monde. 

Bonne lecture, et bienvenue dans cet espace de mots et de regards.

17 Mars 2026

La Thaïlande, nouveau carrefour mondial de l’automobile


Introduction – Le « Detroit de l’Asie » n’est pas un mythe

Quand on pense automobile en Asie, on cite spontanément le Japon ou la Corée du Sud. Pourtant, au cœur de l’Asie du Sud-Est, la Thaïlande s’est imposée depuis plusieurs décennies comme une puissance industrielle majeure.

 Surnommée le « Detroit de l’Asie », la Thaïlande est aujourd’hui l’un des principaux centres d’assemblage automobile de la région, produisant pour son marché intérieur mais surtout pour l’exportation vers l’Asie, l’Océanie, le Moyen-Orient et même l’Europe.


 1️⃣ Une industrie solidement installée L’industrie automobile thaïlandaise s’est développée à partir des années 1960, d’abord autour de l’assemblage de véhicules importés en kits (CKD), avant de devenir une véritable base industrielle intégrée. Aujourd’hui, le pays compte des dizaines d’usines d’assemblage et un vaste réseau de sous-traitants produisant moteurs, boîtes de vitesses, châssis, composants électroniques et pièces plastiques. Les principaux pôles industriels se situent dans l’est du pays, notamment autour de :

  • Rayong
  • Chonburi
  • Samut Prakan

Cette concentration industrielle bénéficie de la proximité des ports en eau profonde et des infrastructures logistiques modernes.

2️⃣ Les géants japonais : piliers historiques Pendant longtemps, l’industrie automobile thaïlandaise a été dominée par les constructeurs japonais. Parmi les plus importants :

  • Toyota Motor Thailand
  • Isuzu Motors (Thailand)
  • Honda Automobile (Thailand)
  • Mitsubishi Motors Thailand
  • Nissan Motor (Thailand)

La Thaïlande est devenue une base mondiale pour les pick-ups, segment extrêmement populaire localement et très exporté. Parmi les modèles emblématiques produits dans le pays :

  • Toyota Hilux
  • Isuzu D-Max
  • Ford Ranger

 Ces véhicules sont exportés vers des dizaines de pays et représentent une part essentielle des exportations industrielles thaïlandaises.

3️⃣ L’arrivée des constructeurs chinois : un tournant stratégique Depuis 2020, un nouveau chapitre s’ouvre. Le constructeur chinois Great Wall Motors a racheté l’ancienne usine de General Motors à Rayong, marquant un signal fort : la Thaïlande devient aussi une base stratégique pour les marques chinoises. Dans cette usine sont produits les modèles de la marque Haval, notamment :

  • Haval H6
  • Haval Jolion

Parallèlement, d’autres groupes chinois investissent massivement :

  • BYD avec une usine dédiée aux véhicules électriques
  • SAIC Motor
  • GAC Aion

 La Thaïlande devient ainsi une plateforme régionale pour les SUV hybrides et les véhicules électriques.

4️⃣ La transition vers l’électrique Le gouvernement thaïlandais encourage activement la production de véhicules hybrides et électriques via des incitations fiscales et des aides à l’investissement. L’objectif est clair : faire de la Thaïlande un hub régional des « véhicules à énergie nouvelle ». On voit déjà sur les routes thaïlandaises une forte progression :

  • SUV hybrides
  • Véhicules 100 % électriques
  • Marques chinoises en forte croissance

 La mutation industrielle est en marche.


5️⃣ Pourquoi la Thaïlande attire les constructeurs ? Plusieurs facteurs expliquent ce succès :

  • Main-d’œuvre qualifiée et compétitive
  • Écosystème de fournisseurs développé
  • Infrastructures portuaires performantes
  • Stabilité industrielle relative
  • Position géographique stratégique au sein de l’ASEAN

La Thaïlande n’est pas seulement un pays d’assemblage : elle est devenue un maillon essentiel des chaînes d’approvisionnement mondiales.

 
Conclusion

Une industrie en pleine transformation

Longtemps dominée par les constructeurs japonais et spécialisée dans les pick-ups thermiques, la Thaïlande vit aujourd’hui une transformation majeure. Entre l’arrivée des géants chinois, l’essor des SUV hybrides, et les ambitions électriques du gouvernement, le « Detroit de l’Asie » entre dans une nouvelle ère. Des chaînes d’assemblage traditionnelles aux lignes dédiées aux batteries et aux motorisations hybrides, le paysage automobile thaïlandais illustre parfaitement les mutations de l’industrie mondiale.   


Thierry

12 Mars 2026

Le système de santé à 30 bahts en Thaïlande : un modèle d’accès universel aux soins

 

Saviez-vous que la Thaïlande dispose depuis plus de vingt ans d’un système de santé universel permettant à la grande majorité de sa population d’accéder aux soins à très faible coût ?

 

Connu sous le nom de « système des 30 bahts » ou Universal Coverage Scheme (UCS), ce programme a été lancé en 2002 afin de garantir un accès équitable aux soins médicaux pour tous les citoyens thaïlandais, en particulier ceux qui ne bénéficient pas d’autres régimes d’assurance. Aujourd’hui, il couvre environ les trois quarts de la population du pays.  


La « carte d’or » : se soigner pour 30 bahts

Le principe est simple : avec la fameuse « carte d’or », un patient peut consulter dans les établissements publics pour une contribution symbolique d’environ 30 bahts (moins d’un euro) par visite. Dans de nombreux cas, les soins sont même devenus totalement gratuits.

Le système couvre un large éventail de services :
        •       consultations et soins ambulatoires
        •       hospitalisation
        •       urgences
        •       maternité
        •       soins dentaires
        •       traitements lourds comme les cancers, maladies cardiaques ou rénales


Ce programme est financé principalement par le budget national et géré par le National Health Security Office.  


 Un impact social majeur

Depuis sa création, ce système a profondément transformé l’accès aux soins en Thaïlande.
Des études ont montré qu’il a permis de réduire fortement les dépenses médicales catastrophiques pour les familles, évitant à des dizaines de milliers de ménages de basculer dans la pauvreté à cause de frais de santé.  


Il est aujourd’hui considéré par de nombreuses organisations internationales comme l’un des exemples réussis de couverture santé universelle dans un pays émergent.


Une évolution récente : se faire soigner partout


Depuis 2024 et sa généralisation progressive en 2025, le programme a été modernisé avec l’initiative « 30 Baht Treatment Anywhere ».


Grâce à cette évolution, les patients peuvent désormais :
        •       se rendre dans n’importe quel hôpital public ou établissement partenaire
        •       utiliser simplement leur carte d’identité nationale
        •       accéder à leurs dossiers médicaux numériques


Cette réforme rend le système plus flexible et facilite l’accès aux soins dans tout le pays.  

Et pour les étrangers ?

Le système des 30 bahts est réservé principalement aux citoyens thaïlandais.
Les travailleurs étrangers salariés en Thaïlande sont généralement affiliés au régime de sécurité sociale (Social Security Scheme) via leur employeur.
 

En résumé,

le système de santé à 30 bahts illustre la volonté de la Thaïlande de garantir un accès aux soins pour tous.
Un dispositif qui, en plus de vingt ans, est devenu un pilier essentiel du modèle social thaïlandais.


08 Mars 2026

Le golfe de Thaïlande : 1 800 km de côtes et une mer pleine de vie


Bordé par la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam et la Malaisie, le Golfe de Thaïlande est une vaste mer tropicale d’Asie du Sud-Est. Avec près de 1 800 kilomètres de littoral thaïlandais, des centaines d’îles et une biodiversité marine remarquable, il joue un rôle majeur dans la pêche, le tourisme et l’équilibre des écosystèmes côtiers.

Une mer étonnamment peu profonde


Le golfe de Thaïlande fait partie de la Mer de Chine méridionale et couvre une superficie d’environ 320 000 km². Contrairement à de nombreuses mers ouvertes, il est relativement peu profond :

  • profondeur moyenne : environ 45 mètres
  • profondeur maximale : environ 80 à 85 mètres

Cette caractéristique s’explique par la présence d’un vaste plateau continental et par les sédiments apportés par les nombreux fleuves qui se jettent dans le golfe. Le plus important est le Chao Phraya, qui traverse la capitale thaïlandaise, Bangkok, avant de rejoindre la mer.



Une eau légèrement moins salée que l’océan


L’eau du golfe de Thaïlande est un peu moins salée que celle de l’océan. Alors que la salinité moyenne des océans est d’environ 35 ‰, celle du golfe varie généralement entre 30 et 33 ‰. Cette différence s’explique par plusieurs facteurs : 

  • l’apport important d’eau douce provenant des fleuves
  • les fortes pluies liées à la mousson tropicale
  • la forme semi-fermée du golfe qui limite le renouvellement rapide de l’eau avec la Mer de Chine méridionale

Cette particularité favorise le développement d’écosystèmes côtiers riches, notamment les mangroves et les herbiers marins.

Une biodiversité marine abondante


Malgré sa faible profondeur, le golfe abrite une grande diversité d’espèces marines. On y trouve notamment : 

  • des maquereaux tropicaux
  • des sardines et des thons
  • des mérous et des barracudas
  • des crevettes, des crabes et des calmars

Les eaux du golfe accueillent également des espèces emblématiques comme les Dugong, les Tortues marines et plusieurs espèces de Dauphins. Cette richesse biologique explique pourquoi le golfe constitue l’une des principales zones de pêche de la Thaïlande.
Des îles parmi les plus célèbres de Thaïlande Le golfe de Thaïlande abrite de nombreuses îles réputées pour leurs plages et leurs paysages tropicaux. Dans la partie sud du golfe se trouvent notamment :

  • Koh Samui
  • Koh Phangan
  • Koh Tao

Plus près de Bangkok, certaines îles sont très appréciées pour les escapades de week-end :

  • Koh Samet

À l’est, près de la frontière cambodgienne, se trouve un autre archipel :

  • Koh Chang, l’une des plus grandes îles de Thaïlande
  • Koh Kut (Koh Kood), réputée pour ses paysages encore préservés

Ces îles contribuent largement à la renommée touristique du golfe.
Un écosystème fragile Comme beaucoup de zones marines dans le monde, le golfe de Thaïlande fait face à plusieurs défis :

  • la surpêche
  • la pollution marine
  • la disparition progressive des mangroves
  • le réchauffement des eaux

La préservation de cet environnement est aujourd’hui un enjeu important pour les pays riverains.


Le saviez-vous ?

  • L’eau du Golfe de Thaïlande est souvent moins transparente que celle de la Mer d’Andaman en raison des sédiments apportés par les fleuves.
  • La température de l’eau y varie généralement entre 28 et 31 °C.
  • Les populations de requins y ont fortement diminué depuis les années 1970.
  • Le golfe compte plus de 300 îles.
  • Son fond marin continue lentement à se combler avec les sédiments transportés par les fleuves.
  • Avec sa superficie et sa profondeur moyenne, il contient environ 14 000 km³ d’eau.


Carte d’identité du golfe de Thaïlande

  • Superficie : environ 320 000 km²
  • Profondeur moyenne : environ 45 m
  • Profondeur maximale : environ 80–85 m
  • Volume d’eau estimé : environ 14 000 km³
  • Température de l’eau : 28 à 31 °C
  • Salinité : 30 à 33 ‰
  • Littoral thaïlandais : environ 1 800 km
  • Nombre d’îles : plus de 300


Conclusion

Peu profond mais immense, riche en biodiversité et bordé de près de 1 800 kilomètres de côtes thaïlandaises, le Golfe de Thaïlande demeure l’un des espaces maritimes les plus importants d’Asie du Sud-Est.

« La mer, une fois qu’elle vous a ensorcelé, vous tient dans son filet pour toujours. »
Jacques-Yves Cousteau


Thierry 

01  Mars  2026

CONDUIRE EN THAÏLANDE : CE QU'IL FAUT SAVOIR !


Chers amis francophones, La Thaïlande affiche l'un des taux de mortalité routière les plus élevés au monde. Pas de quoi paniquer, mais de bonnes raisons d'être vigilant

Les dangers principaux :

  • Circulation à gauche (attention aux réflexes !)
  • Conduite imprévisible des locaux, parfois à contre-sens ou en coupant la route
  • Certaines routes en mauvais état
  • Alcool au volant fréquent, surtout le soir
  • Vitesses de véhicules très différentes sur une même route (du tracteur à la voiture de sport)

Votre équipement en deux roues :

  • Casque obligatoire pour tous (même les enfants à l'arrière)
  • Chaussures fermées, pantalon long
  • Gilet réfléchissant recommandé la nuit

Précautions indispensables :

✅ Permis international + assurance valide

✅ Évitez de conduire la nuit

✅ Redoublez de prudence lors des fêtes (Songkran = période la plus dangereuse)

✅ Ne sous-estimez jamais les distances : 1h en France ≠ 1h en Thaïlande

✅ Anticipez l'imprévisible : chiens, poules, virages sans visibilité 

Pour vos ados :

Insistez sur le casque attaché correctement. Les scooters tuent bien plus qu'en voiture (80% des décès routiers). La route thaïlandaise demande concentration et patience. Prudence = longévité ! Roulez zen, rentrez sains et saufs !

🙏 Terres d'Isan et de France - Votre association au cœur de l'Isan


Patrice VIRTE

17  Février  2026

Bien choisir son hôpital à Khon Kaen : le guide pratique


 Vous vivez à Khon Kaen et vous vous demandez où vous faire soigner ? Petit tour d'horizon des options qui s'offrent à vous ! 

Pour les urgences et les cas sérieux, direction l'hôpital public Srinagarind (ศรีนครินทร์), rattaché à la fac de médecine de KKU. C'est le meilleur du coin : équipements de pointe, spécialistes compétents, et des tarifs défiant toute concurrence. Seul bémol : l'attente peut être longue et le confort spartiate.

Côté privé, l'hôpital Ratchapreuk (ราชพฤกษ์) reste d’un bon rapport qualité-prix. Service impeccable, médecins anglophones, et factures plus raisonnables que le Bangkok Hospital qui pratique, lui, plutôt des tarifs "luxe".

Pour les soins courants (dentiste, petit bobo, …), pensez aux cliniques privées ! Par exemple, le cabinet dentaire de l’Université de Khon Kaen en ville propose d'excellentes prestations à prix très doux. Idéal pour un détartrage ou des soins de routine. Prévoir quand même de prendre rendez-vous 1 mois a l’avance mais ils prennent aussi en urgence si besoin.

Pour le check-up, conseillé tous les ans passé 60 ans, vous pouvez vous rendre, sans rendez-vous, idéalement a jeun le matin à partir de 8h au centre hospitalier gouvernemental appelé Regional of Health Promotion Center 7 sur Google map (Health Plaza sur la photo jointe), situé à côté du Khon Kaen Hospital. Vous pourrez même y être reçus en français. 

Le conseil Terres d'Isan : vérifiez bien votre couverture santé avant de choisir. Certaines assurances ne remboursent que le public, d'autres ont des accords avec le privé.

Prenez bien soin de vous ! 🙏


Patrice VIRTE

10  Février  2026

🎥 Le royaume qui a dit non !


Alors que presque toute la région est passée sous pavillon européen, la Thaïlande a su jouer finement entre les grandes puissances de l’époque. Cette vidéo revient sur une stratégie diplomatique aussi discrète qu’efficace.

05  Février  2026

0 - ♥♥♥ COMMENTAIRE : Titre pleine largeur

Quand les distances cosmiques réévaluent notre notion du « loin »

1 - ♥♥♥COMMENTAIRE : Zone texte pleine largeur

Il me faut me rendre chez un ami qui demeure à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi. Je repousse sans cesse son invitation, invoquant une raison familière : « c’est loin ».  
  • Il y a quelque temps, en observant une photographie publiée dans la rubrique « Allô la Terre », montrant notre planète vue par la sonde spatiale Voyager 1, une réflexion s’est imposée à moi. Ce cliché, connu sous le nom de Pale Blue Dot, a été pris le 14 février 1990 à environ six milliards de kilomètres de la Terre.
Face à de tels chiffres, mon esprit peine à se représenter les distances. Mètres, kilomètres, milliers, millions, milliards : ces ordres de grandeur deviennent rapidement abstraits. Pour dépasser cette difficulté, l’humanité a adopté une autre échelle de mesure : celle du temps de parcours de la lumière.

 
Ainsi, la Lune, située à environ 384 000 kilomètres de la Terre, se trouve à 1,28 seconde-lumière. Exprimée de cette manière, la distance devient plus intuitive. Le cerveau accepte enfin l’information.

2- ♥♥♥COMMENTAIRE : Zone colonne texte à gauche
 
Mais la sérénité est de courte durée. Un article scientifique évoque récemment l’anniversaire du lancement de la sonde Voyager 1, envoyée dans l’espace en 1977. Après près d’un demi-siècle de voyage, elle se situe aujourd’hui à environ 24 milliards de kilomètres de la Terre, une distance proche d’une journée-lumière, franchie pour la première fois par un objet de conception humaine.

Vertige renouvelé.   

Car malgré cet exploit, Voyager 1 n’a pas quitté notre galaxie, la Voie lactée, laquelle mesure environ 100 000 années-lumière de diamètre. Au-delà s’étendent des milliards d’autres galaxies, certaines situées à des distances si grandes que leur lumière ne pourra jamais nous parvenir.
4 -♥♥♥COMMENTAIRE : L'image sur la colonne de droite se trouve là
La sonde Voyager 1, envoyée dans l’espace en 1977.
5 -♥♥♥COMMENTAIRE : Texte 5 pleine largeur xxxxx
Les observations actuelles limitent notre connaissance à ce que l’on appelle l’Univers observable, dont le rayon est estimé à 46,5 milliards d’années-lumière, soit un diamètre d’environ 93 milliards d’années-lumière. Au-delà de cette frontière, l’expansion de l’espace empêche la lumière d’atteindre la Terre, bornant notre accès à une fraction seulement du cosmos.   

Je n’ose imaginer le nombre d’années terrestres qu’il faudrait à Voyager 1 pour atteindre ces confins, elle qui n’a parcouru en près de cinquante ans qu’une distance infime à l’échelle cosmique.   

À bien y réfléchir, mon ami n’est finalement pas si loin. Peut-être est-il temps d’envisager le voyage.   


Gérard Dorchy
6 -♥♥♥COMMENTAIRE : Texte 6 pleine largeur xxxxx
7 -♥♥♥COMMENTAIRE : Image 7 pleine largeur
9 -♥♥♥COMMENTAIRE : Image 9 à gauche
11 -♥♥♥COMMENTAIRE : 11- Image de droite bloc 9
13 -♥♥♥COMMENTAIRE : 13- Texte de conclusion pleine largeur
14 -♥♥♥COMMENTAIRE : 14- Signature pleine largeur
15 -♥♥♥ Mode Colonne Row : image de gauche
16 -♥♥♥COMMENTAIRE : 16- Video de droite bloc 15

28  Janvier 2026




La croyance en des êtres surnaturels est innée chez l'homme. Les Thaïs qualifient ces êtres surnaturels du terme générique de ผี « phi ». La traduction que l'on retrouve dans la plupart des lexiques ou dictionnaires, « fantôme » ou « esprit » est sinon mauvaise du moins très largement insuffisante. Ils sont esprits, fantômes, anges ou démons.Ce sont « Des choses que les être humains croient exister sous une forme mystérieuse, que l’on ne peut pas voir mais qui ont parfois un corps » dit le Dictionnaire de l’Académie, seule référence utile en matière de langage et qui nous en donne une liste non limitative.


Il existe chez les « phi » comme chez les être humains, en quelque sorte, des anges et des démons, des bons et des mauvais mais la ligne de démarcation entre les dieux et les démons est beaucoup plus difficile à faire que dans notre tradition biblique d’autant qu’ils sont tous sexués ! Il y a en effet de mauvais anges et de bons démons.


Nous avons souvent rencontré ces « Phi » en l’existence desquels la plupart des Thaïs continuent, encore au XXIe siècle, à croire dur comme fer. Fantômes, esprits, fées, sorcières ou démons, bon(ne)s ou mauvais(es) tour à tour, nous en avons donné une liste non exhaustive au vu essentiellement de l’article de Phya Anumam Rajathon écrit en 1954, non sans une certaine ironie parfois dubitative un article publié dans la très docte revue de la Siam société. « The Phi » volume 41-2 de 1954.. C’est encore un Phi que nous vîmes intervenir activement dans la confection d’une mixture magique, un philtre d’amour auquel s’est intéressé le roi Rama VI lui-même commenté par le savant anglais sir Francis Gilles toujours dans la même savante revue en 1938, volume XXX (ABOUT A LOVE PHILTRE. By FranciH H. Giles ). Nous avons rencontré à nouveau un Phi malfaisant spécifique à notre région du nord-est, le Phipop (ผีปอบ) dont nous allons reparler, dans un article de l’érudit danois Eric Seidenfaden, toujours dans notre même revue savante - volume 34-II de 1943 - concernant l’ethnie So et ses singulières coutumes (« REGARDING THE CUSTOMS, MANNERS, ECONOMICS AND LANGUJ!.GES OF THE KHA (SO) AND PHUTHAI LIVING IN AMPHO' KUTCHIINARAI (CHANGVAT ' KALAS!NDHU, MONTHON ROI ET. ») Il y avait constaté que les nouveaux nés portent la tâche bleue mongolique ce qui est exceptionnel en Thaïlande.


Mais nous avons appris avec curiosité et amusement quelques anecdotes ou aventures concernant ces Phi, non pas sous une signature fantaisiste mais sous celle de A. J. IRWIN, un contributeur fidèle de la revue de la Siam Society (« Some Siamese Ghost-lore and demonology » in Journal de la Siam Society volume 4-II de 1907).

Les anecdotes portent sur des témoignages probablement fiables provenant de personnes tout aussi dignes de foi. Ce sont ces anecdotes qui ont conduit IRWIN à s’intéresser aux Phi d’une façon cartésienne. C’est notre propos de ce jour.

Ses recherches se sont heurté à des difficultés, comme celle des personnes possédant certaines croyances et ne voulant pas en parler, surtout si elles pensent que le Phi en question est dans le voisinage ; ou encore celle de personnes qui ont rencontré le même Phi et peuvent donner des versions entièrement différentes de son apparence et de ses attributs ; en sachant que le même Phi peut avoir différentes facultés qui lui sont assignées dans les différentes parties du pays.

 
La littérature siamoise sur le sujet est rare. IRLWIN a découvert une brochure de 60 pages écrite par le Prince Si Saowaphang (พระองค์เจ้า ศรีเสาวภางค์) intitulée « Propos sur les pouvoirs des Phi et des Philok » (ว่าด้วยอำนาจผีและผีหลอก – Wa duaianmat Phi lae Phillok). Cet ouvrage confidentiel n’a été réédité qu’une seule fois, en 1921.Le prince commente certains effets attribués par les ignorants à quelques Phi, en précisant que ces effets proviennent parfois (mais pas toujours) de causes purement naturelles. IRLWIN s’est appuyé sur la liste des Phi fournie par le prince. Celle de Phya Anumam Rajathon n’est pas exactement semblable, ce qui laisse penser qu’il n’a peut‑être pas eu connaissance de cette opuscule.


Il en existe trois classes :
  • Ceux qui, liés aux êtres humains, sont des fantômes au sens propre, fantômes de morts ou « corps astral » de vivants.
  • Ceux qui ne proviennent pas d’êtres humains, ayant leur existence propre mais qui, dans certains cas, peuvent être sous contrôle d’un être humain.
  • Et enfin les Phi d’un autre monde que l’on ne voit ni n’entend mais dont l’existence est assurée (dans une certaine mesure !).
LES PHI DE LA PREMIÈRE ESPÈCEDans la première classe, nous devons inclure les Phi Lok (ผีหลอก). Ce sont ceux que nous pouvons inclure sous le terme générique de « fantômes » en français ou « ghost » en anglais. Ce sont les esprits de morts qui hantent une localité ou une habitation ; ils apparaissent dans certaines maisons, principalement anciennes et abandonnées, ou dans des ruines anciennes, dans l’intention d’effrayer soit par une présence visible soit par un simple « ressenti ». Un Phi Lok pourrait ainsi s’asseoir sur le bout de votre lit et vous tirer les orteils.


Il existe un autre Phi, le Phi Am (ผีอำ) qui intervient pour chasser les êtres humains qui le dérangent. Il s’assied sur leur poitrine ou leur foie dès qu’ils se sont endormis dans un endroit inhabituel, sala ou temple. Il ne reste plus alors à la victime qu’à gémir et émettre des sons inarticulés avant que le Phi Am ne s’en aille.


LES PHI DE LA DEUXIÈME ESPÈCE

Ils existent par eux‑mêmes, ne provenant pas, par leur origine, de corps humains, morts ou vivants. 

Le premier parmi eux est le Phi Ruan (ผีเรือน), l’« ange gardien » attaché à chaque maison. Nous le connaissons. Il a son autel dans toutes nos maisons, hommages aux ancêtres. IRWIN nous cite l’existence d’autres Phi, le plus souvent maléfiques :

Le Phi Nangthani (ผีนางตะนี), c’est un Phi féminin qui habite le bananier connu sous le nom de Kluai Tani (กล้วยตานี) ou Musa balbisiana. C’est un fruit curieux puisqu’il comporte des pépins (plus ou moins) comestibles, mais sa fleur, pour qui a les connaissances suffisantes, peut s’ouvrir et dévoiler un Phi sous forme d’une belle jeune femme fort utile pour donner de judicieux conseils en matière de jeux, en particulier les nombres fastes de la loterie. Mais tous ces Phi femelles ne sont pas toujours bienveillants, et la culture de ces bananiers est donc vivement déconseillée. Pourtant toutes les Thaïes ne sont pas des tigresses et toutes ne nous apportent pas que des pépins.


Le Phi Khamot (ผีขโมด) apparaît sous forme d’une étoile sur les plaines la nuit qu’aperçoivent les promeneurs. Dans la saison des pluies, les bateliers qui perdent leur route se dirigent vers lui en pensant qu’il s’agit d’une maison, mais il les induit en erreur et les conduit à leur perte.

Quant au Phi Pungtaï (ผีพุ่งไต้), il s’agit d’une sorte d’étoile filante qui va et vient dans le ciel la nuit et qu’il ne faut pas confondre avec les étoiles filantes qui sont, pour les Thaïs, des « thewada chuti » (เทวดาจุติ), c’est‑à‑dire des créatures célestes (anges) descendant des cieux pour devenir des mortels.


Il y a plusieurs Phi dans la jungle, dont le Phi Chakla (ผีจะกลา) en particulier,


Le Phi Pop (ผีปอบ) est un Phi du Nord‑Est. Il s’introduit dans le corps d’une personne, le plus souvent une femme, et dévore ses entrailles, ce qui entraîne la mort pendant le sommeil. Il existe plusieurs sortes de Phi Pop :
  • Phi Pop Chuea (ผีปอบเชื้อ), héréditaire.
  • Phi Pop Laek Na (ปอบแหลกหน้า), qui trompe les autres.
  • Phi Pop Thammada (ปอบธรรมดา), qui possède une personne et meurt avec elle.
Le Pop est associé à la magie noire, sévèrement punie par les anciennes lois siamoises. Pour s’en protéger, on utilise des incantations, des guérisseurs traditionnels et des remèdes à base de plantes.

Sur le plan social, le Phi Pop reflète des tensions et des croyances communautaires autour de personnes marginalisées. On explique aussi comment certains acquièrent le contrôle d’un Pop et comment ceux qui en sont accusés sont souvent expulsés de leur village. Ces expulsions peuvent regrouper plusieurs personnes qui vont fonder un « village de Phi Pop » (บ้านผีปอบ). Certains pensent que ces villages existent encore.

« Nous savons en outre que lorsqu’une personne est soupçonnée d’être Phi Pop, elle ne finit pas sur le bûcher mais est bannie du village avec sa famille. Il arrive que ces expulsions concernent plusieurs personnes qui vont alors au loin former un village de phi pop. Existe‑t‑il encore des villages de phi pop (บ้านผีปอบ) ? Certains le croient. »

Seidenfaden apprit en 1909 que de nombreuses personnes innocentes trouvèrent refuge dans le village catholique de Tharae (ท่าแร่), sur la rive du lac Nonghan.

Les auteurs précisent qu’ils ont visité ce village, réputé être un refuge de Phi Pop, sans crainte. Ils mentionnent un rituel chamanique particulier qui y est pratiqué, différent de l’exorcisme catholique.


LES PHI DE LA TROISIÈME ESPÈCE

Ceux des deux premières ont leur domaine sur terre. Ceux‑là viennent d’ailleurs, du ciel ou de l’enfer, même si ces croyances ne sont pas strictement conformes à l’enseignement de Bouddha. Le plus grand est le Thao Wetsuwan (ท้าวเวสสุวรรณ), « connu de toutes les personnes instruites » nous dit IRWIN. C’est un géant (Yak – ยักษ์) féroce portant un gourdin de métal. Sa demeure est au ciel et il est porteur de pouvoirs maléfiques, notamment celui d’infliger la variole aux enfants. Nous avons toutefois tendance à partager l’opinion du prince Si Saowaphang et à attribuer à ce fléau une origine virale et non infernale.


Il faut lui adjoindre Phraya Matchurat (พระยามัจจุราช), le « maître de la mort » qui, lui, siège aux enfers dont il est le maître sous la direction de Thao Wetsuwan. Il est le juge qui inflige des sanctions aux Phi qui font le mal. Il tient des registres sur lesquels il inscrit les mauvaises actions des êtres humains pour que puisse leur être infligée une punition appropriée.


Il a sous ses ordres Nai Ariyaban (นายอริยบาล), plus connu sous le nom de Phra Yompraban (พระโยมพระบาล), son geôlier en chef, son bras séculier en quelque sorte, ou son bourreau qui inflige les punitions selon ses ordres.


L’article d’Irwin que je viens d’analyser de façon sereine a fait ensuite l’objet d’une discussion devant l’assemblée générale de la Siam society le 3 octobre 1907, alors présidée par un éminent érudit allemand, le Docteur Oswald Frankfurter. Tous les assistants manifestèrent leur intérêt pour une étude sur un sujet alors pratiquement inviolé. Il est rappelé par un intervenant, ce qui est moins connu, que « les anciennes lois du Siam » reconnaissaient l’existence de ces démons humains et prévoyaient leur mise à mort et la confiscation des biens en cas de preuve. Le Docteur Bradley, autre érudit, rappelle que dès le début de la dynastie Chakri, tous les cas de démonologie devaient être soumis à la juridiction de Bangkok de peur du manque d’impartialité des juges locaux, mais toujours selon lui, cette législation serait devenue plus ou moins obsolète.

Monsieur R. Belhomme (nous ignorons tout de lui) rappelle que tous les intervenants ont eu un jour connaissance de faits similaires concernant des fantômes, des génies et des démons, ce qui sera largement confirmé par d’autres participants. Le président rappelle que des faits similaires ont été dûment constatés dans l’Indochine française par le Commandant Lune de la Jonquière tout en faisant une longue description des Phi tonkinois.

Un intervenant pose la question de savoir si des cas récents sont connus où la peine de mort a été infligée. Le Major Erik Seidenfaden – chef de la gendarmerie siamoise n’est malheureusement pas là pour préciser qu’il a eu à la même époque à enquêter sur des cas de meurtres collectifs survenus dans des villages de sa circonscription. Nous n’en tirons qu’une conclusion : la croyance aux Phi ne se réfute pas, elle se constate.

Mais une question mérite d’être posée. Si une telle conférence avait été tenue à l’Académie des sciences ou une docte Académie de province, en 1907 ou en 2025, et aux phénomènes occultes, combien de sarcasmes et de hurlements de rire aurait‑elle suscité. Et pourtant, à en croire divers sondages ou enquêtes (plus ou moins sérieux ?), il y aurait peut‑être plus ou moins la moitié des Français qui croiraient aux fantômes et combien consultent‑ils leur horoscope sur leur journal alors que ce sont (la plupart du temps, car il existe des astrologues qui seraient sérieux) des couillonnades ??


Le village qui serait celui des des Phipop nous conduit à dire quelques mots nécessaires à la compréhension d’un film qui a connu grand succès et qui porte le nom de ce village catholique Tharae (ท่าแร่).


Les catholiques connaissent l’existence de ces créatures qui ne sont pas naturelles. Les Pères du Concile de Nicée qui ont rédigé le Credo auquel les catholiques sont tenus de croire ont précisé la croyance que Dieu a créé toutes choses visibles et invisibles. Ce qui tombe sous les sens nous l’appelons visible et d’autres créations sont seulement perçues par l’intelligence et la raison, nous l’appelons invisible. Lors de la création du monde figurent les esprits que nous appelons « anges » dont la fonction est d’adorer Dieu et de proclamer sa parole à l’humanité. Tout ce qu’a créé Dieu est bon mais certains esprits deviennent mauvais, ce sont « les démons ». Une partie d’entre eux ont choisi de se rebeller contre la volonté de Dieu, ce qui a entraîné un changement de leur état, ils ont perdu toute bonté et furent finalement chassés du ciel par Dieu. Ces esprits sont de nature spirituelle et possèdent pouvoir et autorité, mais non pouvoir sur Dieu, et ne peuvent exercer ce pouvoir arbitrairement, car ils sont soumis à la volonté divine.

Anges et démons sont tous deux de purs esprits créés par Dieu, mais la différence fondamentale réside dans le fait que les anges conservent leur bonté et sont soumis à Dieu, tandis que les démons, autrefois anges, ont rejeté Dieu et sont ainsi devenus des esprits maléfiques cherchant à égarer les humains et à les inciter à se rebeller contre lui. Les fantômes n’existent pas ; il n’y a que des démons. À la mort, l’âme d’une personne se rend dans un lieu choisi par Dieu, en fonction de sa vie. Certaines âmes vont au paradis, d’autres en enfer, et d’autres encore au purgatoire. Par conséquent, aucune âme ne reste errante sur terre.


Certains anges peuvent se matérialiser et descendre sur terre, ne citons que l’Ange qui fit l’annonce à Marie, mais la Bible est pleine de ces récits. 
Les démons peuvent par ailleurs descendre sur terre pour s’emparer du corps et de l’esprit d’un fidèle, c’est la possession, là encore les récits bibliques en sont pleins. C’est le très complexe rituel de l’exorcisme qui combat la possession démoniaque et il n’est pas méconnu en Thaïlande.


Du 15 au 20 septembre 2025, ce n’est pas vieux, le pape Léon XIV s’adressa aux exorcistes tenant à Rome le congrès mondial des exorcistes, leur rappelant qu’ils exercent un ministère nécessaire et délicat et les invitant à accompagner les fidèles qui souffrent à cause du diable par des prières de libération et de consolation. Ils étaient 300 venus du monde entier.


Le film Tharae est probablement le premier film thaï, film d’horreur comme il se doit, à mêler croyances chrétiennes et croyances populaires thaïes, deux systèmes de croyances bien distincts mais qui se côtoient dans la communauté de Tharae où les croyances anciennes persistent au quotidien dans ce brassage culturel.

Dans la plus ancienne communauté catholique de Thaïlande, un esprit maléfique que l’on croyait vaincu depuis des dizaines d’années refait surface. Son retour se manifeste lorsque Ta Ming (ตามิ่ง), un ancien prêtre catholique, adopte un comportement étrange et terrifiant, semant la peur dans tout le village. Les habitants se tournent alors vers Mae Sopha (แม่โสภา), une chamane locale capable de communiquer avec les esprits et d’accomplir des rituels de guérison selon les croyances traditionnelles de l’Isan.

Parallèlement, l’Église envoie le Père Paul (บาทหลวงเปาโล), expert en exorcisme. Il est urgent d’agir pour éviter la crise. Le mal est tapi dans l’ombre. Les croyances de deux mondes s’unissent pour combattre l’horreur.

Les catholiques de Tharae ont probablement une pensée pour la lutte contre les démons, puisque l’on trouve à l’entrée du village une gigantesque statue de l’archange Saint Michel terrassant le démon, et jusque dans un bénitier de la cathédrale.


Vous pouvez penser de tout cela ce que vous voudrez. 

Certains catholiques pratiquants ne craignent pas de dire que c’est un « symbole ». 
La belle affaire ! Cette opinion est répandue, elle est purement et simplement hérétique. 

Une simple conclusion tout à fait personnelle.

Le film de 1995 Usual Suspects est probablement le plus grand des films policiers de tous les temps, le plus grand en tout cas de tous les policiers que j’ai vus et j’en ai vu autant sinon plus que de westerns. Il existe dans le monde du crime un gangster qui jouit d’une aura mythique, réputé pour son extrême violence et son insaisissabilité, Keyser Söze. Un policier interroge une espèce de minable demi‑sel, infirme qui plus est. Il s’avère qu’il est en réalité LE Keyser Söze. Il résume en fin de film sa carrière : « Le plus grand tour de force du diable a été de convaincre le monde qu’il n’existait pas ». La citation est souvent attribuée à Baudelaire, elle est en réalité de Saint Bernard de Menthon, qui chassait les démons du col qui porte son nom.



Bernard DE GUILHERMIER

14  Janvier 2026

Les couples franco-thaï : entre clichés, réalités et belles histoires


En Thaïlande, il suffit parfois de voir un couple franco-thaï se promener main dans la main pour que les idées reçues s’invitent à la table… souvent sans y être conviées.« Encore un retraité avec une jeune Thaïlandaise », entend-on parfois, un peu vite, un peu fort, et surtout sans vraiment connaître l’histoire.Et si l’on prenait le temps de regarder ces couples autrement ?


Un regard occidental… très occidental

En France, le couple est souvent perçu à travers le prisme de l’égalité stricte : même âge, mêmes diplômes, mêmes revenus, mêmes références culturelles.

Toute différence trop visible – d’âge, de culture ou de parcours – interroge, dérange, voire amuse.

En Thaïlande, la vision est différente. Le couple n’est pas seulement une affaire d’amour romantique (même s’il est bien présent), mais aussi de projet de vie, de stabilité, de respect mutuel et parfois de responsabilité familiale.

Aimer quelqu’un, c’est aussi se projeter ensemble dans la durée.

Non, toutes les femmes thaïlandaises ne rêvent pas d’un “farang retraité”

Ce cliché est tenace… et pourtant très éloigné de la réalité.

Les femmes thaïlandaises sont étudiantes, entrepreneures, infirmières, commerçantes, artistes, mères, voyageuses. Elles choisissent leur partenaire comme partout ailleurs : pour son caractère, sa bienveillance, son humour… et parfois aussi sa capacité à offrir une certaine sécurité.

Comme en France, finalement.

Et non, tous les hommes français en Thaïlande ne sont pas des retraités en sandales-chaussettes. Certains travaillent, d’autres créent des entreprises, enseignent, voyagent ou tombent simplement amoureux là où ils ne l’avaient pas prévu.

Une autre conception du couple

Dans la culture thaïlandaise, le couple est souvent perçu comme une équipe.

On avance ensemble, on se soutient, on prend soin l’un de l’autre, et l’on accorde une grande importance au respect et à l’harmonie.

La différence d’âge, par exemple, est moins taboue qu’en Europe. Elle peut être vue comme une complémentarité plutôt qu’un déséquilibre.

Là où certains voient un calcul, beaucoup vivent simplement une rencontre.

Quand deux cultures se rencontrent

Bien sûr, tout n’est pas toujours simple. Les couples franco-thaï jonglent avec les langues, les habitudes, les fêtes familiales, la place de la belle-famille, la manière d’exprimer les émotions…

Mais ces différences, loin d’être des obstacles, deviennent souvent des richesses.

Apprendre à rire de ses propres maladresses culturelles est souvent le premier pas vers une belle complicité.

Des histoires avant tout humaines

Derrière chaque couple franco-thaï, il y a une histoire unique, faite de choix, de compromis, d’amour, parfois de doutes, mais surtout de vies entremêlées.

Réduire ces relations à des clichés, c’est oublier l’essentiel : 
👉 deux personnes qui se sont rencontrées, reconnues et ont décidé d’avancer ensemble.

Et finalement, n’est-ce pas là la définition la plus simple et la plus universelle du couple ?


Marc Laval

05  Janvier 2026

L’art du bambou tressé à Kalasin, un héritage vivant de l’Isan.


Dans la province de Kalasin, située dans le Nord-Est de la Thaïlande, l’art du bambou tressé fait partie intégrante du patrimoine artisanal local. Ce savoir-faire, transmis de génération en génération, se retrouve notamment chez les communautés Phu Thai, qui utilisent le bambou pour créer des objets à la fois fonctionnels et esthétiques comme des corbeilles, des contenants, des sacs et d’autres articles du quotidien.


Le processus commence avec des tiges de bambou jeunes, soigneusement sélectionnées, fendue en fines lanières puis tissées selon des motifs traditionnels, parfois inspirés par des formes naturelles ou culturelles. Certaines pièces sont également utilisées lors de rituels locaux, comme les offrandes dans les cérémonies religieuses.


Un exemple d’endroit où l’on peut découvrir cet artisanat est le Phu Thai Nong Hang Handicraft Centre, dans le district de Kuchinarai, où des artisans locaux tissent non seulement du bambou mais aussi du coton et de la soie selon des motifs traditionnels.


L’art du bambou tressé à Kalasin représente ainsi une tradition vivante qui met en valeur à la fois la créativité communautaire et l’utilisation durable de ressources naturelles. Ce patrimoine artisanal contribue également au tourisme culturel et à l’économie locale.


Marc Laval
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